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Arbitre - Alexandre COURNOT (Ligue) : « Les arbitres se mettent au service du jeu »

Vendredi 29 Mai 2015

Il a connu le plus haut niveau régional comme arbitre, lui qui se considérait comme un joueur moyen. Alexandre Cournot officie dorénavant en DHR en espérant retrouver le haut du panier. Mais, ce qui compte le plus pour lui, c'est le côté affectif au sein des clubs et auprès des gens qu'il côtoie et l'honnêteté des choses. Rencontre avec un arbitre qui ne mâche pas ses mots. (Par Dennis Bergkamp)


Arbitre - Alexandre COURNOT (Ligue) : « Les arbitres se mettent au service du jeu »
Comment êtes-vous devenu arbitre ?
Je jouais à l'âge de cinq ans. Même si je pouvais évoluer partout, je me trouvais moyen. Un ami, Etienne Molas, qui officiait déjà, m'a alors proposé de devenir arbitre. Grâce à cela, j'ai pu rester dans ma passion. J'ai commencé en 1997. Je suis devenu jeune arbitre ligue en 1998 puis j'officiais en PL dès 2000 par mon statut de Ligue 3. J'ai arbitré cinq ans en PL-PH avant de monter en DH jusqu'à l'an dernier. Le fait de descendre en DHR m'a permis de découvrir une nouvelle division et de retisser des liens avec de nouvelles personnes.

Comment a évolué l'arbitrage selon vous ?
C'est devenu plus facile d'arbitrer de nos jours à ce niveau. Même si le terrain constitue le reflet de notre société et qu’il existe encore des actes condamnables, j'ai pu constater une nette amélioration de la discipline par rapport à ce que j'ai vécu. Dans mes premières années d'arbitrage, nous étions dans notre bulle et n'étions pas forcément ouverts aux acteurs du jeu. Ce décloisonnement s'est effectué il y a une dizaine d'années, notamment grâce à la médiatisation et la nécessité de communiquer qui en a découlé. Bien sûr, malgré une certaine retenue, on peut se faire critiquer dans la presse. Mais cela n'a pas empêché les arbitres d'être plus ouverts vers l'extérieur. Les rencontres avec les entraîneurs de DH et de DHR ont aussi ouvert la porte un peu plus. Elles ont servi pour rapprocher les personnes.

Que pensez-vous des comportements des clubs ou des acteurs du jeu envers les arbitres ?
Je remarque que le fait de reconnaître mes torts est plus facilement accepté par les clubs. Cela arrive à tout le monde de se rater sur une décision, un match. Si on s'explique voire qu'on s'excuse, le club sera plus compréhensif. Les joueurs, eux, n'influencent pas mes décisions. Il y a bien sûr quelques joueurs qui tentent de jouer de psychologie comme Medhi Makouri ou Christophe Pillon. Mais cela reste toujours bon enfant. Les supporteurs mettent aussi parfois la pression. C'est là que l'arbitre doit rentrer dans la psychologie et prendre en compte l'environnement pour manager sa relation avec, en étant concentré sur l’image qu’il dégage. Il ne faut surtout pas oublier que l'on se met au service du jeu, des joueurs et du spectacle qui en résulte.

Quelles améliorations faudrait-il apporter ?
J'aime toujours débriefer avec les entraîneurs pour savoir si tout se passe bien, que ce soit par un échange de regard ou par une explication. Cela n'est pas forcément tout le temps positif mais cela permet de se dire les choses. Il faudrait que ce soit plus utilisé. Chez moi, je souhaite que l'honnêteté prime. Il faut aussi faire comprendre aux gens que les décisions des arbitres ne sont pas malhonnêtes mais peuvent être vécues comme injustes. Certes, les hommes en noir peuvent décider parfois du sort d'un match mais cela reste indépendant de leur volonté. 

« Un arbitre doit être accompagné pour qu'il prenne confiance en soi »

Arbitre - Alexandre COURNOT (Ligue) : « Les arbitres se mettent au service du jeu »
Quelle préparation vous astreignez-vous ?
J'ai toujours eu pour habitude de me préparer seul avant le début de la saison. En Ligue, nous réalisons des tests en début et fin de saison. En fonction du résultat, notre Conseiller Technique Régional de l'Arbitrage (CTRA) Olivier Thual nous adapte une préparation individualisée. Je la suis depuis l'an dernier et je peux dire qu'elle est très efficace. Pendant la saison, je m’impose au moins une séance pendant la semaine et je dois veiller à mon alimentation.

Qu'a apporté le CTRA et, plus globalement, la Commission Régionale de l'Arbitrage (CRA) ?
J'ai vécu pas mal d'évolutions. Globalement, la grosse différence réside dans la gestion de l'image. Ils se sont plus ouvert avec les médias, ont engendré un décloisonnement des arbitres en s'ouvrant aux entraîneurs. Olivier Thual a aussi apporté son expérience sur le comportement, l'attitude, les détails techniques qui permettent d'avoir une approche différente, ce que nous n'avions pas auparavant malgré l'expérience dans l'arbitrage de notre ancien CTRA.

Quels sont vos meilleurs souvenirs dans l'arbitrage ?
Ce ne sont pas forcément les gros matchs qui m'ont le plus enchanté. Cette année, je me suis par exemple fait plaisir lors de Grisolles / Ramonville ou de Colomiers / Portet. Il y a aussi deux matchs que j'ai arbitré avec Stéphane Fourteau, un ami arbitre, qui m'ont ravi comme la rencontre entre l'équipes des amis d'Éric Carrière et la sélection du Gers ou les anciens du TFC face aux anciens de l'OM. J'ai pu aussi arbitrer au centre un match de préparation du TFC en 2008 et c'est là que j'ai vu la différence. J'étais affûté physiquement mais j'ai senti le fossé athlétique avec des temps de récupération raccourcis. Cependant, le match dont je me souviens le mieux, c'est l'un des premiers que j'ai arbitré avec mon ami Etienne Molas lors de la finale départementale du district du Gers.

Quels conseils souhaiteriez-vous donner aux futurs arbitres ?
Je me suis occupé des jeunes arbitres pendant quatre ans. Donc, je pense connaître assez bien ce domaine. Il faut pouvoir accompagner un arbitre le jour du match mais aussi le suivre en dehors  pour qu'il prenne confiance en soi. Je voudrais leur dire ce que m'a apporté l'arbitrage. À dix-huit ans, je n'avais pas une grande confiance en moi. J'étais limite introverti. Outre le fait de rester dans le football qui constitue une réelle passion, j'ai pu travailler ces aspects de ma personnalité. Cela m'a fait mobiliser des qualités humaines. Je n'aurais pas franchi certaines étapes professionnelles si je n'avais pas eu l'arbitrage. Je peux prendre la parole devant une assemblée importante et cela, je le dois au foot. Devenir arbitre, c'est aussi avoir un esprit de groupe avec nos autres collègues.

Quels objectifs vous fixez-vous ?
Mes objectifs sportifs sont clairement derrière moi même si, pour la fierté, j'aimerais bien remonter en DH. J'ai la volonté d'y arriver et j'ai fait les efforts pour l'atteindre. Le plus important pour moi reste de prendre du plaisir, notamment par le relationnel avec les joueurs. J'aurais pu viser un cran plus haut mais je me suis fermé les portes pour des raisons personnelles. Je n'aurais pu être un pilier familial si j'avais laissé chaque weekend ma femme et mes enfants. Je ne le regrette pas.

Par DB.

ALEXANDRE COURNOT
Né le 24/02/79 à L'Union (31)
Poste : Arbitre Monferran-Savès.
Parcours
- Joueur : Lectoure, Saint-Clar
- Arbitre : Vic-Fezensac, Auch (deux saisons), ASPTT Toulouse (huit saisons), Monferran-Savès (depuis juillet 2014)
Niveau arbitrage : Ligue 2 Non-Promotionnelle.
Profession : Ingénieur méthodes à ISS.

Alexandre Cournot, un arbitre passionné.
Alexandre Cournot, un arbitre passionné.


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