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Arbitre - Arnaud DALLA PRIA (Président commission arbitres LMPF) : "Élever le niveau de performance de nos arbitres en agissant sur tous les domaines de compétences possibles: technique, physique et psychologique."

Lundi 14 Novembre 2016

Arnaud Dalla Pria Président de la Commission des Arbitres en Midi-Pyrénées a accepté de repondre à nos questions sur l'arbitrage d'aujourd'hui et son début de carrière. Découvrez son interview sur le stage des jeunes arbitres


Arnaud Dalla Pria, vous êtes président de la Commission Régionale des Arbitres en Midi-Pyrénées depuis 2010. En quoi consiste votre rôle ?
Le   rôle   d'une   Commission   d'Arbitrage,   quel   qu'en   soit   le   niveau,   est sensiblement le même. Il se décompose en plusieurs parties, qui sont à la fois différentes et complémentaires.
- Une partie concerne la gestion administrative de notre effectif, dans laquelle entre la fonction la plus visible pour tous, à savoir la désignation des arbitres sur les rencontres, qui relève de la compétence de la Commission.
- Une autre partie, tout aussi importante, concerne la formation des arbitres. Ce champ d'action englobe bien évidemment les domaines fondamentaux que sont les lois du jeu et la technique d'arbitrage. Mais il peut   être   décliné   selon   d'autres   axes,   qui   permettent   aux   arbitres d'élargir leurs compétences et d'améliorer ainsi leurs performances sur le terrain. Je pense notamment aux échanges que nous avons avec les entraîneurs soit en début de saison, pour favoriser les interactions entre les différents acteurs d'un niveau de compétition, soit au cours de la saison, lors de nos stages de recyclages, pour évoquer ensemble des sujets techniques. Cette partie formation comporte également des volets de préparation physique et de développement personnel (gestion des conflits, gestion des émotions, entretiens individuels).

Pourquoi êtes-vous devenu arbitre ?
Mes capacités de joueur limitées et quelques soucis de santé ont amené mon entraîneur, arbitre de Ligue lui-même, à m'orienter vers l'arbitrage. J'y ai très rapidement pris goût et j'ai gravi les échelons régulièrement, ce qui m'a permis de   trouver   un   équilibre   entre   ma   passion   pour   le   sport   et   la   prise   de responsabilités... Sans oublier bien sûr de belles rencontres humaines qui façonnent la personnalité et la vie de tout un chacun.

Arbitrez-vous encore, et à quel niveau ?
J'ai mis un terme à ma carrière en 2007 en tant qu'arbitre Fédéral 5, après 18 ans de présence sur les terrains de football. Après une saison de repos qui m'a permis   de   me   ressourcer,   j'ai   été   sollicité   pour   intégrer   la   Commission Régionale de l'Arbitrage en octobre 2008, puis j'ai en pris la présidence après le départ de Stéphane Fourteau pour raison professionnelle.

"Nous sommes dans un milieu où, même en tant que bénévoles, nous sommes redevables de résultats qualitatifs et quantitatifs vis-à-vis des clubs et de nos instances, qui nous font confiance et nous donnent les moyens de travailler. "

Le binôme Thual/Dalla Pria est un gros plus pour nos arbitres et notre football régional
Le binôme Thual/Dalla Pria est un gros plus pour nos arbitres et notre football régional
La présence d'un arbitre aussi expérimenté qu'Olivier Thual au poste de CTRA de la Ligue est-elle une locomotive pour l'arbitrage régional ?
La notoriété et l'image d'un CTRA de renom ont bien entendu une importance significative dans notre fonctionnement! Tout comme chez les joueurs ou entraîneurs, un nom amène la lumière sur la fonction, et si la gestion en est efficiente, ce nom peut favoriser le recrutement et la fidélisation de nos arbitres ainsi que leur motivation. Le bilan est également très positif en raison de l'apport d'expérience. Toutefois, un nom seul n'est pas suffisant pour faire fonctionner une telle structure, d'autant que l'emploi du temps d'un CTRA encore en activité dans le secteur professionnel requiert des aménagements conséquents. C'est pourquoi le CTRA doit surtout être considéré comme une plus-value à l'organisation en place, tant au niveau de la Commission Régionale que des Commissions Départementales. Il est le garant du développement de l'équipe technique en arbitrage, tant dans sa gestion que dans sa formation ou son recyclage... En résumé,   il   permet   d'accéder   à   une   qualité   d'encadrement   propice   au développement de la fonction. Outre le CTRA, ceux qui méritent un coup de projecteur et des félicitations, ce sont aussi les formateurs de la CRA et des CDA (observateurs, formateurs, encadrement) qui œuvrent dans l'ombre, tout au long de l'année, pour faire vivre cette équipe arbitrale.

Vous être très proche d'Olivier Thual. Votre binôme fort vous permet-il d'avancer plus vite, de convaincre plus facilement dans le milieu régional ?
Nous sommes dans un milieu où, même en tant que bénévoles, nous sommes redevables de résultats qualitatifs et quantitatifs vis-à-vis des clubs et de nos instances, qui nous font confiance et nous donnent les moyens de travailler. Plus que notre proximité et les liens d'amitié qui nous unissent, qui n'entrent pas   directement   en   compte   dans   la   gestion   de   l'arbitrage,   c'est   notre  complémentarité et notre vision sensiblement similaire de la fonction et de la formation qui nous permettent d'avancer rapidement sur les dossiers que nous portons ensemble. Mais   au-delà   de   ce   binôme   Président   de   CRA   /   CTRA,   qui   doit   être nécessairement fort si l'on veut des résultats, c'est la composition même de notre CRA qui garantit notre réactivité. En effet, ces liens de proximité sont tout autant développés avec les autres membres de la CRA, issus de la même génération d'arbitres ou, pour les plus anciens, du même «moule». Nous nous sommes construits dans l'arbitrage autour des mêmes valeurs humaines, et c'est l'envie de les transmettre aux jeunes générations qui nous anime   aujourd'hui.   Notre   Commission   est   ainsi   constituée   d'individus   au tempérament bien trempé, mais dont l'amitié permet de souder et d'unir le groupe à chaque instant. J'ai la chance et le plaisir de diriger cette équipe.

"Amener des jeunes à l'arbitrage."

A nos clubs d'amener les jeunes à l'arbitrage pour l'avenir de notre foot amateur
A nos clubs d'amener les jeunes à l'arbitrage pour l'avenir de notre foot amateur
Quels sont vos axes de travail et quel est le plus urgent pour vous ?
L'urgence fait partie, je crois, de notre fonction, comme d'ailleurs de celle de la majorité des acteurs de notre sport... A ce titre, l'important réside dans le travail titanesque que fait le pôle désignation de la CRA afin qu'il y ait un arbitre sur chacune des rencontres. Quant à nos axes de travail, ils restent inchangés et sont de deux ordres:
- Le premier, c'est de créer des liens avec les différents acteurs du football, notamment les entraîneurs et joueurs, afin de faire tomber les murs que certains s'évertuent à construire ou laissent à penser qu'il yaurait entre nous. Aujourd'hui, je crois pouvoir dire que les échanges que nous avons mis en place avec les clubs de DH et DHR ont permis de régler   les   problèmes   disciplinaires   liés   à   l'arbitrage.   Certes,   nous n'éradiquerons pas l'erreur: au même titre que celle d'un joueur ou d'un entraîneur, l'erreur d'arbitrage peut avoir une influence sur le résultat, nous ne pouvons pas le nier. Toutefois, ce qui a changé depuis quelques saisons, c'est la compréhension et l'échange entre tous ces acteurs qui permettent d'apaiser les relations. Quel plaisir aujourd'hui de participer aux après-matchs avec les joueurs et les entraîneurs et de pouvoir échanger librement sur les situations de jeu, sans que l'honnêteté de l'arbitre ne soit remise en question, que de chemin parcouru.
- Le second, c'est d'élever le niveau de performance de nos arbitres en agissant sur tous les domaines de compétences possibles: technique, physique et psychologique. L'exigence doit prédominer afin d'optimiser les prestations et cela passe avant tout par une offre de formation satisfaisante aux plans qualitatif et quantitatif. Cet outil, nous l'avons avec notre plan de formation qui s'enrichit chaque année de nouveaux contenus.

On parle désormais beaucoup du football féminin. Où en est l'arbitrage au féminin en Midi-Pyrénées ?
L'arbitrage   féminin,   tout   comme   le   football   féminin,   est   un   axe   de développement fort souhaité par la FFF et la LFA. Mais comme pour les garçons, nos futures arbitres sont avant tout dans les clubs en tant que joueuses. A nous de créer les mêmes liens avec ces clubs afin de recruter, et surtout de fidéliser, ces arbitres. C'est bien là le rôle ingrat de nos Commissions départementales.   Comme   dans   toutes   les   Ligues,   l'arbitrage   tend   à   se développer mais très lentement. En Midi-Pyrénées, nous avons la chance d'avoir une locomotive en la personne d'Aurélie LABADOT-CADINOT, arbitre fédérale féminine, qui a su créer une dynamique autour de quelques filles... A nous d'y intégrer les nouvelles afin de fidéliser ce groupe.- Beaucoup de jeunes se lancent dans l'arbitrage.

Comment les y incitez-vous ?
Les incitations sont multiples mais la principale est certainement l'obligation faite aux clubs, à travers le statut de l'arbitrage, d'amener des jeunes à l'arbitrage.   L'aspect   financier   peut   également   jouer   dans   certains   cas. Toutefois, beaucoup viennent aussi à l'arbitrage par goût du football, et pour le vivre différemment, au regard de la dynamique de développement personne la rendue possible par les problématiques relatives à la prise de décision, à l'assertivité et à la gestion d'un groupe. Ce n'est pas toujours facile quand on est adulte, alors imaginez à l'adolescence! Mais comme je l'évoquais pour les filles, une fois qu'ils sont venus à l'arbitrage, le plus dur est pour nous de les fidéliser. A ce titre, je crois beaucoup au projet de vie qui leur est proposé et à la dynamique de groupe qui est créée dans une même génération et entre les générations. Telle une équipe, nombre de nos arbitres se retrouvent aujourd'hui pour s'entraîner ensemble, pour partager des moments   de   convivialité   ou   pour   progresser   techniquement.   Et   cette dynamique collective me semble primordiale car; contrairement aux équipes sportives, les arbitres voyagent seul et se retrouvent souvent isolés face à l'adversité lors des rencontres difficiles. Dans ces moment-là, la notion de groupe est primordiale pour garder ou retrouver la motivation.

Quels sont les domaines où vous souhaiteriez qu'un effort soit porté ? Les axes prioritaires de développement de l'arbitrage au niveau régional sont de trois ordres à mon avis :
- Le premier concerne l'encadrement des arbitres. A ce titre, l'accent n'est pas assez mis sur la montée en compétences de nos formateurs et observateurs,   alors   que   ce   sont   les   premiers   relais   techniques   des Commissions   d'Arbitrage.   L'importance   d'avoir   un   encadrement   de qualité est crucial dans le développement de l'arbitrage.
- Le second a trait aux échanges avec les clubs qui, même s'ils sont importants, pourraient l'être à mon sens encore plus. Une rencontre entre les différents acteurs du jeu par niveau de compétition pourrait par exemple être organisée tous les ans en début de saison.
- Le troisième est lié à la formation des arbitres, et plus particulièrement aux apports techniques que peuvent nous amener les entraîneurs. Nous travaillons aujourd'hui étroitement avec David Marraud, le Directeur du Pôle espoir de Castelmaurou, et avec quelques entraîneurs de clubs qui interviennent sur nos stages, ce qui permet de renforcer la culture et le sens du jeu de nos arbitres. Mais d'un point de vue général, il me semble primordial de considérer que l'arbitre, malgré la fonction et l'uniforme, reste un être humain qui doit prendre des décisions très rapidement, parfois sous pression, et qu'à ce titre, l'erreur est   humaine,   même   si   je   l'accorde   volontiers,   elle   peut   avoir   des conséquences. Nous entendons trop souvent autour des terrains, à sa première erreur,   que   l'arbitre   est   malhonnête...   Et   si   tout   simplement,   on   lui reconnaissait le droit à l'erreur, au même titre que les autres acteurs de notre sport, qui font eux aussi parfois des mauvais choix techniques, de coaching, de recrutement ou autre...?

Dernière   question,   liée   à   l'actualité.   La   FIFA   vient   de   décider d'expérimenter l'assistance vidéo sur certaines situations données, en plus de la Goal Line Technology, dont les penalties. Qu'en pensez-vous ?
Je   vous   répondrai   simplement   par   une   autre   question:   qui,   aujourd'hui, souhaiterait être privé des éléments technologiques dont disposent tous les autres acteurs d'un sport ? Personne, je pense! Il me semble donc impensable que seuls les directeurs de jeu n'aient pas accès aux informations que peuvent avoir, grâce à la technologie, les spectateurs d'un stade ou un banc de touche .Il est évident qu'il faut aider les arbitres dans leurs prises de décisions. Cela ne pourra qu'améliorer les relations entre tous les acteurs. Ceci étant dit, il faut aussi   avoir   conscience   que   toutes   les   aides   technologiques
qui   existent n'empêcheront probablement jamais les erreurs..

Par la LMFP


LMPF

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