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Coupe de France - MURET passe par tous les états avant de sortir le GIROU

Dimanche 25 Octobre 2015

Comme un Allemand moustachu avec la Pologne, les supporteurs du Girou avaient annexé Clément Ader. Visiblement sans arme ni quenelle, puisque à l’entrée du stade, le vigile chargé de la fouille ne trouvait qu’un tambour usé et des cotillons. (Par Le Phocéen)


Les amateurs de réseaux sociaux avaient pu suivre l’évolution du taux d’alcoolémie du Kop de Pechbonnieu, avec une première mi-temps à la table d’un resto parsemée de pichets multicolores et une seconde avec des bulles, à la buvette du stade de Muret. Dépassée par la descente de l’assistance, cette dernière a rapidement affiché ses limites puisque la bière bien fraîche à la pêche du début de match a, au fur et à mesure de la pénurie, été remplacée par des canettes Heineken chaudes au sirop de citron. D’ailleurs, avec la recette de la buvette, l’ASM pourra sans doute s’offrir un stade couvert de 70 000 places. Ou, mieux, financer le nettoyage des kilos de cotillons déversés lors de l’entrée des joueurs sur la pelouse. Une ambiance surréaliste pour du foot amateur, qui a sans doute transcendé les joueurs du Girou, auteurs d’un début de match d’enfer. Histoire de calmer cette ardeur, Torrent sortait rapidement le sécateur pour élaguer son couloir droit. D’abord rares, les occasions arrivaient finalement à l’unisson. Muret ouvrait le bal par Da Cunha, à la réception d’un bon centre de Torrent (21e). En guise de réponse, Ralison armait une volée trop centrée (24e). Sur le contre, Da Cunha s’infiltrait dans la surface, avant de servir en retrait Aglar, pour permettre à Muret de mener à la pause (25e). Un scénario bien connu, puisque la formation de Lionel Poisson avait également ouvert le score à Pechbonnieu en championnat, avant de se faire rejoindre, puis dépasser dans les arrêts de jeu. Studieux, Muret avait-il retenu la leçon ?
 
Le geste fou de Ralison
 
Avant le coup d’envoi, Bob Marley avait étonné en devinant le onze de départ du Girou sans avoir consulté la feuille de match, tout en décrivant les caractéristiques de chaque joueur. Un exercice tout de même beaucoup plus impressionnant qu’un syndrome d’Asperger capable de réciter des milliers de chiffres après la virgule du nombre Pi. D’ailleurs, notre saillant reporter regrettait que Nicolas Marty ait préféré aller au cirque pour voir des phoques, plutôt que de venir encourager les siens. Des collègues qui prenaient d’emblée la possession du ballon en seconde période, en dictant leur rythme. Peut-être craintif du scénario vécu en championnat, Muret n’osait plus trop sortir, allant jusqu’à reculer dangereusement. Beau joueur et fin mélomane, Braunwart jouait une note sur le bois pour rappeler que son équipe n’hésiterait pas à sanctionner la moindre forme de fébrilité (71e). Pourtant, malgré l’avertissement, Muret craquait sur un cafouillage favorable à Ralison (77e). Rattrapé par ses tendances douteuses, le Girou décidait de s’offrir une séance d’auto-flagellation, alors que le scénario semblait tourner en sa faveur. Auteur de deux superbes tacles à la Di Meco, Baux prenait, comme certains de ses supporters, un petit coup de rouge (79e). Face à cette scène sado-maso et même sans Jacquie, Michel en profitait pour satisfaire tous les désirs des Muretains, en marquant sur coup de pied arrêté (83e). Alors que l’affaire semblait pliée, le Girou réussissait pourtant à revenir, de manière assez incroyable. À vingt-cinq mètres, Ralison laissait un rebond, avant de balancer une chandelle extérieur pied droit sous la barre (84e). Un but exceptionnel, qui poussait le plaisir jusqu’aux prolongations.
 
Éreinté, le Girou finit par exploser
 
Sous les yeux d’un Julien Laporte très actif, multipliant les aller-retours dans son couloir pour distribuer les demis, le Girou commençait à tirer la langue, harassé par les efforts déployés pour compenser son infériorité numérique. Une débauche d’énergie physique, mais surtout mentale, qui a peut-être causé sa perte. Déjà réduit à dix par une expulsion largement évitable, les joueurs du Girou se retrouvaient au beau milieu d’une bataille de palabres, fatale pour leur concentration. Et sur le coup franc, Aversa surgissait pour faire basculer le match (114e). Un deuxième but sur coup de pied arrêté, exercice longuement travaillé à l’entraînement cette semaine par Lionel Poisson et ses joueurs. Un choix payant, puisque le Girou ne se relèvera pas. Pire, définitivement cuit, il finissait par s’écrouler avec fracas comme le World Trade Center. Dans le rôle des terroristes, Taïri (118e) et Aversa pour le doublé (119e). Une lourde défaite qui met fin à la belle aventure du Girou. De son côté, Muret se dépucelle dans sa garçonnière et voit enfin ses prestations récompensées. Une force de caractère qui lui permet d’atteindre le septième tour de la coupe de France, tout en engrangeant une confiance précieuse pour le championnat.

Par Le Phocéen

LES RÉACTIONS
Maxime TORRENT (Défenseur de Muret) : « C’était un match compliqué, contre une vaillante équipe du Girou. Je pense qu’elle est meilleure dans le jeu que les années précédentes. On connaît leur kop, ça fait partie du jeu même si parfois c’est un peu limite. Bravo à eux pour leur beau parcours. Cette victoire nous fait du bien, on espère qu’elle va nous permettre de rebondir en championnat. Le club dans son ensemble mérite cette qualification. »
 
Sébastien SALLES (Co-entraîneur du Girou) : « On est passé par toutes les émotions, c’était un vrai match de coupe de France. Le public était super et l’équipe n’a rien lâché. Malheureusement on a été réduit à dix et on a dû puiser dans nos ressources, je pense qu’on l’a payé en fin de match. C’est la fin d’une belle l’aventure, maintenant, place au championnat ! »

LA FEUILLE DE MATCH
Coupe de France, 6ème tour
Dimanche 25 octobre 2015, 18h
Muret, stade Clément Ader
MURET / GIROU 5-2 (après prolongations)
Arbitre : M. Touèeche, assisté par MM. Achaaraoui et Ménager
Avertissements : Michel (31e), Max. Torrent (56e) à Muret - R. Goreau (38e), Baux (67e, 79e) au Girou
Expulsion : Baux (79e) au Girou
Buts : Aglar (25e), Michel (83e), Aversa (114e, 119e), Tairi (118e) pour Muret - Ralison (77e, 84e) pour le Girou

MURET : A. Taïder - Max. Torrent, De Faria, Djoumbe, Michel (cap.), Arbaoui, Tavares (M. Folio, 43e), Bocquier, Aglar (Alvarez, 69e), Taïri, Da Cunha (Aversa, 73e). Entraîneur : Lionel Poisson
GIROU : Viste - Bonafé, Claraco, Baux, Makouri (cap.), Bouis, Gil, R. Goreau (cap.), M. Goreau (Boudjemaa, 66e), Behilel (Braunwart, 58e), Ralison (N'Goumou, 88e). Entraîneurs : Sébastien Salles, Jaoued Laqsil et Benjamin Montespan

Muret verra le septième tour après un vrai match de coupe de France
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