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D2 féminine - Emma DAVEZAC (Portet) : "A ce niveau, il n'y a pas de financier sans résultat sportif et pas de résultat sportif sans finance."

Mardi 31 Juillet 2018

Après douze ans à s'investir à deux cents pour cent pour son foot féminin et son club de Portet, Emma Davezac a atteint un de ses premiers objectifs, parvenir au niveau National. Mais la compétente et passionnée technicienne portésienne ne compte pas s'arrêter en si bon chemin même si elle s'attend à une première année à ce niveau compliquée (par La Rédaction)


Nous supposons qu’aujourd’hui vous êtes soulagée d’accéder à la Division 2 après tant d’année à lutter pour. Mais avec les péripéties administratives avez-vous douté à un moment donné ? Que représente pour le club cette montée ?
Nous avions atteint les inter régions il y a trois ans et depuis cet échec nous n'attendions que cela. Mais le groupe n'était pas prêt tant sur le plan footballistique que sur les concessions à effectuer pour passer ce cap. Quand nous avons eu le groupe assez motivé, ambitieux et de qualité pour accéder à ces phases finales nous y sommes enfin arrivées. Cela représente une véritable opportunité pour tout le club, beaucoup de soulagement et de bonheur pour les personnes engagées auprès de moi depuis six ans que nous avons créée cette section féminine. Cette montée est l'occasion pour nous d'attirer de nouvelles licenciées de donner un peu plus de légitimité à notre projet club et en particulier notre projet d'Élite féminine. Bien sûr nous avons douté car les recours de nos adversaires ne cessent jamais mais nous savons depuis le début que nous sommes en règle et dans notre bon droit quant à la révocation que nous avons émise et la FFF nous a données raison à chaque recours.

Était-ce primordial pour vous et Portet de monter cette saison et comment à titre personnel le vivez-vous  ? Cela doit être une fierté après tout l’investissement que vous avez mis dans ce projet depuis tant d’années ?
Oui c'est l'aboutissement pour un coach qui œuvre dans le football féminin depuis douze ans. Quand vous arrêtez de jouer au foot à vingt-six ans (blessure au genou) et que vous commencez à coacher une équipe 3 senior féminine et que vous gravissez les niveaux avec votre équipe réserve jusqu'en DH. Et qu'ensuite vous créez une section féminine dans un club et qu'en six ans vous arrivez à plus de quatreèvingts licenciées  et qu'enfin vous avez une équipe en D2 et  l'autre en U19 national vous ne pouvez qu'être fière, soulagée, sur un nuage de bonheur. Ce sentiment est aussi partagé par tous nos proches. Je pense aussi et surtout aux dirigeants du club qui ont cru en ce projet et à toutes ces filles qui se sont battues sur les terrains depuis six ans, qui ont porté dignement ce maillot...


Vous allez découvrir le championnat national avec beaucoup d’adversaires de qualité. Montauban a souffert pour se maintenir, le TFC n’arrive pas à monter. Que vise Portet pour sa première à ce niveau ?
Je ne vais pas vous dire le Top 3 (rire) on vise bien sûr le maintien nous aussi. Quand vous jouez des interrégions et que ces phases finales finissent l'avant dernier weekend de juin, c'est difficile de pouvoir recruter. Très souvent les filles ont déjà fait leur choix : rester dans leur club ou partir et c'est compliqué de faire un recrutement ciblé, de qualité D2 et volumineux, de plus cinquante pour cent des joueuses de D2 ont un agent et de ce fait les intermédiaires sont plus nombreux et donc tout est plus long. Nous avons la chance (ou la malchance) d'avoir des déplacements assez proches : Montauban, TFC, Albi et ces derby seront déterminants pour la suite. Nous devons prendre des points face à ces équipes. Notre région est bien fournie en équipes féminines de niveau national, nous nous devons d'exister parmi ces clubs. Portet au féminin, c'est un projet ambitieux à moyen terme. Nous n'avons pas fait tout cela pour ne faire qu'une seule apparition d'un an et puis retourner en DH.

Pour atteindre cet objectif, quel a été le mot d’ordre pour le recrutement et le fait d’évoluer en D2 dorénavant est-il un plus pour attirer des joueuses ?
Notre accession administrative a été longue et semée de recours, donc nous n'avons pas pu recruter comme nous la souhaitions. Je pense toutefois que notre recrutement sera suffisant pour se maintenir. Nous avons recruté sur toutes les lignes et avons doublé certains postes. Il nous faudrait encore une fille de qualité dans le secteur offensif, un milieu de terrain défensif et une troisième gardienne. Je pense aussi que les joueuses de ce niveau ont besoin que nous prouvions que nous sommes en capacité de pouvoir nous maintenir, que notre accession est méritée sur le terrain aussi. Ce recrutement sera plus simplifié en avril prochain si nous nous maintenons sans faire les barrages. Pour le moment nous faisons confiance et nous nous appuyons sur le groupe qui s'est offert cette montée. Si elles jouent tous les matchs en mode coupe de France et qu'elles y mettent toute la détermination et la hargne possible chaque weekend, on y arrivera, je n'en doute pas. 


"Le titre de champion du monde masculin n'appartient pas à la population des garçons, il appartient à la France et donc aussi aux femmes."

Le club vous a toujours suivie dans votre projet mais le fait que l’équipe senior garçon monte elle aussi en R1, peut-il freiner l’évolution de la section féminine ? Quels objectifs à long terme vous a fixé Nicolas Bayod pour votre groupe ?
Nicolas Bayod et l'ancien Président Gérard Montariol ont toujours cru au Football féminin. Nicolas sait que l'image de notre équipe féminine peut aider le club à se développer tant au niveau des partenaires qu'au niveau de la bonne image qu'elle renvoie. Il s'agit d'une opportunité immense pour le club de passer un palier. La montée des garçons est aussi une bonne chose elle n'est pas négative et n'efface en rien celle des filles. Le club est très clair la dessus: il y a une parité absolue et une égalité entre les garçons et les filles et je ne vois pas comment cela pourrait changer. Il n'y a aucun intérêt à changer de politique... Nicolas sait que maintenant que nous avons atteint ce niveau national, il va falloir encore plus se structurer, trouver les ressources financières nécessaires afin de se maintenir. Il sait qu'il est important que nos filles se déplacent dans les meilleures conditions, avion, hôtel, etc pour aller chercher des points à l'extérieur. C'est en cela qu'il est très actif sur le sujet "partenaires" et que nous créons tout un tas d'opportunités, d'affaires et d'événements pour les entreprises qui nous soutiendront. Nous sommes vigilants à ce que ces entreprises aient un retour sur investissement et qu'elles nous soutiennent sur la durée. Mais pour cela il nous faut des résultats sportifs et essayer d'acquérir notre maintien au plus vite. À ce niveau, il n'y a pas de financier sans résultat sportif et pas de résultat sportif sans finance. Nicolas Bayod m'a fixé l'objectif du maintien, chaque chose en son temps. On sait que cette année ce sera difficile.

L’intérêt des instances pour le foot féminin a beaucoup été dû à la mauvaise image de celui des garçons après les déboires et comportements en Afrique du Sud. Êtes-vous toujours aussi confiante en l’avenir du foot féminin même après le titre de champion du Monde des garçons ? Pourquoi ?
Personnellement, Je n'ai jamais fait ce raccourci entre le mondial Afrique du Sud et l'"essor" du foot féminin, je ne crois pas trop en cette théorie. Je crois que le football féminin rappelle à certains spectateurs ou téléspectateurs le football masculin des années 80, sans complexe, sans cinéma sur le terrain, sans calcul et très porté vers l'avant, tout comme l'était aussi le rugby avant sa professionnalisation. Maintenant le développement du football féminin et son intérêt financier commencent aussi à enlever de sa "pureté" à ce dernier, dans le sens où les clubs professionnels l'accaparent, commencent à surenchérir sur les joueuses et où le monde amateur n'a presque plus sa place. Quand on voit les réglementations sécuritaires etc lors des rencontres de niveau national, on peut se dire qu'il ne s'adresse plus du tout aux petits clubs. À nous de nous adapter ! Le titre de champion du monde masculin n'appartient pas à la population des garçons, il appartient à la France et donc aussi aux femmes. Ce titre ne va pas dissuader les petites filles de faire du foot, bien au contraire!

La prochaine coupe du Monde féminine se déroule en France. Croyez-vous à un réel engouement des français pour elle et un titre de nos Bleues est-il envisageable ?
Tout comme le sélectionneur des "bleus", la sélectionneuse des "bleues" est ambitieuse, elle aussi va s'appuyer sur des jeunes qui ont déjà gagné des titres, on détient une bonne génération. Aujourd'hui les "bonnes" joueuses ne sont plus regroupées dans un seul club, sur le terrain et le banc lyonnais par exemple. Aujourd'hui, Paris affiche une belle équipe, ainsi que Montpellier et Paris FC, sans oublier Fleury. Les joueuses prennent donc du temps de jeu dans leur club et seront compétitrices au moment venu. Je pense que Corinne Diacre a la capacité de créer et de conditionner un groupe pour gagner. Je ne pense pas et j'espère me tromper, que les français seront cinq cent mille sur les Champs Elysées si les filles gagnent mais déjà, si les stades sont pleins et qu'il y a plus de six millions de téléspectateurs en France devant leur écran ce sera déjà une belle victoire. Ce n'est pas que l'année de la Coupe du monde... cette saison c'est aussi l'achat par le groupe Canal+ des matchs de D1 féminine, donc l'engouement et la montée en puissance de notre foot féminin français se fera aussi par ce biais. Les droits TV et toutes les retombées financières de cette médiatisation ne pourront qu'aider à développer encore plus la pratique féminine.

MOUVEMENTS INTERSAISON
- départs : Jessica Bunker (retour Canada)
- arrivées : Ben Kacem Lidiri Imane (FC Arlac Mérignac), Boissinot Laure (ASPTT Albi), Bourry Manon (As Muret), N'Diaye Aude (FC Rouen), Chauvet Noellie (Les Côteaux), Destephe Sarah (TFC), Diagouraga Koudjiedji (Aurillac), Dumas Élodie (As Muret), Grillié Anastasia (Arras), Voisin Marie Cécile  (Stade de Reims)

PROGRAMME DES MATCHS AMICAUX. 
- 10/08 : Portet / TFC à Portet 
- 18/08 : Portet / MHSC Élite à Portet 
- 21/08 : TFC II / Portet
- 24/08 : Balma SC / Portet
- 29/08 : Portet / Albi (U19 Nat) à Portet

Emma Davezac peut-être très fière de son parcours et de sa réussite. Si un coach le mérite c'est bien elle.
Emma Davezac peut-être très fière de son parcours et de sa réussite. Si un coach le mérite c'est bien elle.

La Rédaction

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