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Edito – Les jeunes, les nouveaux MERCENAIRES du foot ?

Dimanche 28 Juin 2020

On le voit beaucoup chez les pros mais aussi au niveau amateur. Les jeunes changent très souvent de clubs mais surtout, dès qu’ils passent seniors, ils choisissent de partir sous d’autres cieux. Le respect envers son club formateur s’est-il perdu ? Il faut croire.


Arjen Robben va rechausser les crampons et pas n’importe où. L’ex international néerlandais, qui avait pris sa retraite l’été dernier, a décidé de revenir sur les terrains du côté du FC Groningen, son club formateur. L’occasion pour lui de boucler la boucle, lui qui avait commencé là-bas en 2000. Mais cet exemple-là est bien rare. Les jeunes signent de moins en moins leur premier contrat dans leur club formateur. Et les plus anciens n’y reviennent pas forcément quand l’opportunité se présente.
Je lisais chez nos confrères de L’Equipe qu’en France le marché avait été dérégulé par les clubs étrangers. Et qu’il y a une sorte de pacte de non-agression entre clubs tricolores. Bon, il faut dire que cela appartient au passé désormais. On peut le voir dans le cas d’Adil Aouchiche, le Titi parisien qui signe son premier contrat à Saint-Etienne. Bon, comme l’expliquait son ex-entraîneur Thomas Tuchel dernièrement, cela peut se comprendre s’il cherche du temps de jeu au milieu vu la densité de joueurs à ce poste au PSG.

Mais comment expliquer le cas Tanguy Kouassi ?
Le gamin joue (bien du reste), il a du temps de jeu, il est polyvalent et son entraîneur l’adore. Mais il choisit de partir au Bayern Munich pour « la stabilité du club ». Foutaises oui. Il y va pour signer un bon gros chèque alors qu’il n’est pas sûr de jouer vu la charnière du Bayern actuelle (Alaba-Boateng) et les blessés actuels (Süle notamment). Cette histoire de gros sous peut sûrement s’expliquer pour Pierre Kalulu, jeune latéral de l’OL qui vient de signer à Milan alors que les Lyonnais comptaient beaucoup sur lui.
 

Tanguy Kouassi va signer son premier contrat pro au Bayern. (crédit: Icon Sport)
Tanguy Kouassi va signer son premier contrat pro au Bayern. (crédit: Icon Sport)

Strass, paillettes et oubli

Mais ces joueurs-là préfèrent (souvent) encaisser l’argent pour mettre à l’abri leur famille plutôt que penser à leur carrière sportive. C’est compréhensible mais où est passé l’amour du maillot ? On est passé dans un foot business qui fait peur car tout est lié à l’argent dorénavant. Et les clubs français ne peuvent pas lutter face à certaines forces étrangères venues d’Angleterre, d’Allemagne ou même d’Italie.
Alors, bien sûr, les jeunes se disent que l’herbe est plus verte ailleurs. Et ils ont parfois raison car on leur donne leur chance. Quand on voit un Odsonne Edouard s’éclater au Celtic, un club mythique, ça donne envie aux autres. Mais combien d’entre eux arrivent à percer à l’étranger ? Ils ne sont pas nombreux. Et pour éviter de tomber dans l’oubli, ils préfèrent revenir en France pour se révéler, comme l’a fait Jeff Reine-Adélaïde, parti à Arsenal très jeune et revenu à Angers puis Lyon.

Du côté de nos clubs régionaux, ces exemples de départs anticipés sont moins fréquents.
Il y a bien sûr le cas Jean-Clair Todibo qui n’a pas voulu signer au TFC et s’est engagé avec le Barça. Mais pour le jeune défenseur français, cela peut se comprendre. Personne ne lui faisait confiance à la fin de son année U19 et seuls un changement de poste voulu par Casanova (pour une fois qu’il réalise un bon choix !) et une révélation dans le groupe pro pour le mettre en lumière. Alors, normal que le jeune homme aille « au plus offrant ». Malheureusement, pas sûr que le Barça compte sur lui. Et vu les performances réalisées à Schalke, on n'est pas à l'abri d'un futur flop. À part ce cas-là, le club gère plutôt pas mal ces signatures de contrat, comme dernièrement avec Sam Sanna ou l’officialisation de Janis Antiste.
 


Retour au bercail

Et, au niveau amateur, comment se passe-t-il ? Bien sûr, il n’y a pas autant d’argent que dans le monde pro mais cela peut avoir des influences parfois. Des histoires de prime qui font que le joueur s’engage dans un club plutôt qu’un autre.
Les jeunes eux ne voient que l’aspect sportif pour être mis en lumière et se révéler pourquoi pas aux yeux des clubs pro. Un exemple me vient à l’esprit : Malcolm Viltard. Depuis son arrivée dans la région toulousaine, le joueur a évolué à Muret puis à Balma avant de signer à Sochaux où il a été élu meilleur jeune du club. Un bel exemple qui montre combien le cheminement pour arriver dans une logique de progression.

Bien entendu, ce n’est pas le seul dans ce cas-là.
Et les clubs aiment se chamailler pour récupérer les meilleurs jeunes et ainsi faire briller leur formation et leurs formateurs par la même occasion. Alors, cela engendre de nombreux mouvements, de nombreuses jalousies aussi et cela arrive souvent de nous dire : « Mais il n’évoluait pas dans tel club l’an dernier ? » A y perdre son latin !
Pour finir, j’aimerais conclure en parlant de Carlos Tevez. Formé à Boca Juniors, « Carlitos » y est revenu en 2015 puis en 2018 pour terminer sa carrière. Il devait s’arrêter sur un titre de champion mais il a décidé de poursuivre l’aventure au moins six mois de plus en offrant son salaire et ses primes aux personnes les plus démunies. Une belle preuve d’amour du maillot et de solidarité dont devraient s’inspirer les jeunes.
 


F.C.

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