Connectez-vous S'inscrire

En aparté / Baziège - Que deviens-tu... Eugène DADI (ex TFC)

Lundi 27 Avril 2020

Il quitte le Baziège OC pour franchir un cap. Eugène Dadi est un jeune coach mais son expérience en tant que joueur professionnel (TFC, Aberdeen, Nottingham Forest, Perth…) lui procure déjà un bagage certain pour retrouver les sommets. Après avoir fait ses preuves à l’AS Hersoise, il a donc lutté avec la réserve de Muret cette saison pour la montée en R2 avant que le confinement ne stoppe les débats. En attendant la reprise des championnats, il se tient prêt à répondre à tout club aussi déterminé qui lui pour relever un défi ambitieux.


La vocation d’entraîner s’est révélée à Eugène Dadi sur le tard. L’ancien du TFC a été repéré par Paul Lacombe à l'AS Hersoise en 2017 alors qu’il était revenu dans la région pour des raisons familiales. L’Ivoirien de 46 ans ne pensait pas coacher, lui qui revenait d’Australie où il avait clos sa carrière de joueur. Formé à Sochaux, l’ancien attaquant est passé par Laval et Sète avant d’aller s’aguerrir en Autriche. Réclamé par Alain Giresse en 2000, il refuse Manchester City pour rejoindre les Violets, mais malheureusement une blessure au genou l’éloigne des terrains et dévie sa carrière vers l’Ecosse et l’Angleterre. Deux pays qui restent dans son cœur de footballeur, même si la région Occitanie a ravivé la flamme. Depuis le banc de touche de l’AS Hersoise puis de Baziège, il a démontré son goût de la compétition et son amour du respect du jeu. Footpy s’intéresse aujourd’hui à celui qui veut apporter son professionnalisme à un club régional qui sera en phase avec son ambition.

Vous avez plus de 20 ans de carrière en tant que joueur, qu’avez-vous fait après la fin de celle-ci ?
J’ai eu une carrière riche qui m’a permis de voyager et voir beaucoup de choses. Ça aurait pu être mieux évidemment, mais après avoir arrêté en Australie, je suis rentré pour des raisons familiales. Coacher en France n’était pas ma volonté première. J’ai simplement passé le diplôme de l’UEFA B sans prévoir ce qui allait se passer ensuite. C’est Paul Lacombe qui m’a demandé de venir l’aider alors que je jouais avec mon fils du côté de Balma. A l’époque c’était à l’AS Hersoise et j’ai accepté parce que j’étais là au bon endroit au bon moment. Le souci c’est qu’au bout d’un mois il a arrêté alors le club m’avait demandé de prendre la relève. Voilà comment c’est parti, j’ai sauté à deux pieds dans ce niveau départemental que je ne connaissais pas du tout.

Eugène Dadi a fait ses débuts d'entraîneur à l'AS Hersoise. (crédit: ASH)
Eugène Dadi a fait ses débuts d'entraîneur à l'AS Hersoise. (crédit: ASH)

« Alain Giresse m'a tout de suite convaicu »

Qu’est-ce qui vous a mené en Australie ?
Je suis passé par l’Angleterre et avec Nottingham Forest, j’étais en fin de contrat à 32 ans avec une pubalgie. Ma femme était enceinte et voulait revenir en France, alors je pensais arrêter là. Mais quelques mois après, j’étais guéri et toujours en contact avec des agents. Je dois avouer que le football me titillait encore. Deux opportunités se sont offertes à moi : Israël où j’ai passé quelques mois, et l’Australie, qui m’a semblé être un excellent environnement pour y élever mon fils. Je n’ai pas regretté parce que c’était génial.

Comment avez-vous vécu votre passage à Toulouse ?
J’ai passé de belles années en Autriche et j’y ai fait le tour. Rapidement, un transfert vers Manchester City devait se faire, mais deux jours avant, j’ai reçu un appel d’Alain Giresse qui me voulait au TFC. Pour ma génération, ce nom était accolé à celui de Platini et Tigana... Un grand nom qui me demande et qui m’a tout de suite convaincu et il me permettait de revenir en France par la grande porte. J’ai signé pour 4 ans à Toulouse et tout se passait bien pendant la préparation. J’avais du temps de jeu, j’étais meilleur buteur mais lors du premier match officiel, je ne marque pas. Pour les deux suivants je suis sur le banc et malheureusement je me blesse ensuite au genou à cause d’un problème de cartilage. Ma saison était cuite. Et quand Giresse s’est fait remplacer par Nouzaret au bout de quelques mois, j’étais encore en soins et je n’entrais plus dans les plans de l’entraîneur. J’ai donc de nouveau eu l’envie de repartir à l’étranger et ce fut Aberdeen.

Vous avez connu l’Ecosse et l’Angleterre, est-ce vraiment différent ? De quoi devrait-on s’inspirer ?
A mon âge, c’était incroyable ce que j’ai connu à l’étranger. A l’époque en Autriche tout était là pour que je m’épanouisse : la considération, les outils de travail… Pas mal de choses qui n’étaient pas toujours là en France. En Grande Bretagne j’ai eu la chance de jouer pour des clubs de renom avec Aberdeen, le club écossais de Sir Alex Ferguson qui avait remporté la Coupe des Coupes (en 1983, NDLR), puis en Angleterre Nottingham Forest ancien vainqueur de la Coupe des clubs champions (en 1979 et 1980, NDLR). L’histoire, la passion des gens, tout était démultiplié là-bas et ils sont très rigoureux, plus carrés et francs qu’en France. Quand c’est blanc là-bas, c’est pas jaune. On nous jugeait uniquement sur les performances, qu’on soit jeune ou vieux. On savait à quoi s’en tenir et personne ne trichait. Le goût d’entraîner n’est venu que bien plus tard. Mais pendant cette période, je me suis découvert un intérêt et un rôle de transmission de la rigueur que j’avais connue en Autriche et de l’investissement, du goût du travail que j’ai appris en Grande-Bretagne. C’est un rôle que j’ai appris à aimer.

La transmission est le moteur d'Eugène (crédits : ASH)
La transmission est le moteur d'Eugène (crédits : ASH)

« J'attends de la rigueur dans le travail »

Vous n’avez passé qu’une saison au TFC, mais aujourd’hui vous êtes de retour dans la région, pourquoi ici plutôt que Sochaux ou Laval ?
Ce sont purement des raisons familiales. Mon ex-femme était Toulousaine et avait le mal du pays. A la fin de ma carrière, j’étais encore opérationnel, j’avais 36 ans, mais j’ai décidé d’arrêter une bonne fois pour toute pour ma famille. Maintenant je suis installé ici, mon fils joue ici et s’y plait.

Après l’AS Hersoise, vous avec donc dirigé Baziège cette saison et avant l’arrêt du championnat, vous étiez en très bonne troisième position du classement de R3…
On a même été premiers quelques temps. Avec Baziège on était à la lutte pour les premières places. Malheureusement dans les dernières semaines nous avons enchaîné quelques mauvais résultats et avant le confinement on aurait pu lutter pour la montée.

Mais vous avez décidé de quitter le club. Pourquoi ?
Baziège est un bon club avec de belles valeurs familiales. Ils ont une belle mentalité collective mais je cherche toujours un challenge plus ambitieux. Quand la question de la possible montée s’est posée, je me suis dit que ça allait être compliquer d’attirer les bons joueurs que j’avais en tête. Je savais que j’étais limité en restant là-bas. Le but était de monter, de gravir des échelons sans se prendre pour un autre. J’ai vu nos capacités et je pense pouvoir continuer au niveau supérieur.

Quel est le style de jeu que vous voulez apporter ?
Moi je ne suis pas Mourinho (rires). Je cherche le partage. Je ne suis pas un Père fouettard, j’ai eu la chance de connaître différents environnements, différentes mentalités et je veux transmettre ça. C’est ce qui me mène. J’attends simplement de la rigueur dans le travail. Ce n’est pas parce que nous sommes des clubs amateurs que nous devons agir forcément comme des amateurs. On peut faire attention à nos méthodes et à notre volonté.


« Je dois encore me faire connaître »

Avec Baziège la page est-elle déjà tournée ? Vous cherchez un nouveau club actuellement ?
Mon départ de Baziège est acté oui, ils ont déjà trouvé mon remplaçant. Malheureusement pour tout le monde, les discussions par téléphone uniquement compliquent les choses. Certains me connaissent déjà donc on n’a pas besoin de plus, mais tout le monde ne me connaît pas encore dans la région et je voudrais bien convaincre les clubs face à face. En fait très peu encore savent que je suis là, il n’y a qu’au TFC qu’on sait, mais autrement, je dois encore me faire connaître.

Quel est le profil de club qui vous plairait ?
Idéalement j’aimerais entraîner un club de Régional qui veut prouver. Le challenge de Baziège qui voulait remonter en R2 me plaisait dans ce sens. Au fil du temps j’ai compris que ça allait être délicat. Je ne voulais pas finir deuxième, je voulais plus. S’il y a des dirigeants et des joueurs qui ont faim et qui montent un projet en regardant vers le haut, je serais ravi de les aider à construire et à gagner. Il y a eu des discussions avec deux ou trois clubs déjà. Ce que je cherche, c’est un bon projet dans un club qui a envie de s’élever. Je ne cherche pas à jouer le milieu de tableau ou le maintien. Je veux construire et participer au développement d’une équipe. Je n’ai pas froid aux yeux, j’ai connu le football à haut niveau, je sais comment ça marche et je n’ai pas de craintes.

Recueilli par W.H.


W.H.

Catégories | Les News | Mercato | Dream Team | Tapis Rouge | Flash Back | Gants d'Or & Buteurs | Arbitres | Immersion/Aparté | FootpyTv | Divers


Dans la même rubrique :