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En aparté - "FEMMES, JE VOUS AIME" clame J-J.E.

Dimanche 29 Mars 2020

Merci à Julien Clerc (1982) qui avec son tube nous servant d'intitulé introduit à merveille ce nouvel édito. "L'avenir de l'homme est sa femme" a écrit Louis Aragon dans le poème "Le fou d'Elsa" (1963) dont l'ordre des mots a souvent été inversé comme dans l'album de Jean Ferrat "La femme est l'avenir de l'homme" (1975) et plus récemment dans un film éponyme franco-coréen de Hong Sang-Soo (2004).


Mais s'il a fallu bien des siècles pour que l'on ose écrire de telles choses, combien de combats, de morts, de drames pour en arriver là ? À l'origine des temps dans une religion c'est d'une côte que la femme aurait été créée. Ça ne partait pas mal pour ceux qui croiraient à ce genre de légendes mais ça s'est vite dégradé. Pour les anciens on a encore l'image d'un homme de cromagnon tirant une femelle par les cheveux. J'emploie ce substantif parce qu'il correspond parfaitement à l'idée que le mâle avait de sa compagne. Je ne vais pas parcourir toutes les époques (quoiqu'un petit rappel historique ne soit jamais inutile et perdu...) mais l'introduction serait bien trop longue. Donc j'abrège à mon grand regret. Même si son statut a heureusement évolué, ce grand désir qu'est la parité dans tous les domaines n'est pas prêt d'être réalisé. Y compris dans celui plus futile que bien d'autres qu'est le sport. Je ne minimise pas le monde associatif ou sportif mais avouez qu'ils sont mêmes moins cruciaux que ceux du travail, de la politique, de l'éducation, de la liberté....

Derrière "chaque grand-homme se cache une grande femme influente", c'est une vérité évidente au fil des générations.

J'ai d'ailleurs été surpris en préparant cet édito quand je suis tombé sur un article révélant le nom et le nombre des femmes (mères, épouses) qui ont eu une importance prépondérante dans la destinée de leur progéniture ou mari. Hors donc en observant le football il n'y a rien de surprenant que les inégalités et disparités observées dans la vie de tous les jours s’y trouvent d'une manière exacerbée et à l'extrême. Le sport, et en particulier le football en tant que monde fermé aux femmes ? Moins c'est sûr, mais pas loin quand même. Il suffit de regarder le nombre de présidentes, d'entraîneures (ça fait bizarre de s'apercevoir qu'il n'y a même pas de noms, on ne peut quand même pas écrire entraîneuses !), de joueuses, de dirigeantes !!!  Oui des efforts sont faits. Quel terme affreux que celui "d'efforts" là où cela devrait paraître naturel et couler de source. Faut-il vraiment passer pas la période d'efforts pour arriver à une situation que devrait être la normalité depuis des lustres ? Tout a été fait pendant tellement longtemps pour que l'homme soit celui qui amène les enfants au foot (pendant très, très longtemps uniquement les garçons d'ailleurs), que l'homme seul travaille et dispose d'un véhicule, que la femme gère seule le quotidien mais pas les loisirs. 

Nathalie du Boy de la Tour, première femme président de la LFP. (crédit: Madamn)
Nathalie du Boy de la Tour, première femme président de la LFP. (crédit: Madamn)

Très peu de femmes présidentes de club

Pour mémoire le droit des femmes a été accordé aux femmes en France en avril 1944 avec un premier vote aux élections municipales du 29 avril de l'année suivante. Vous avez bien lu ce droit a été accordé... alors leur entrée dans l'associatif, le caritatif, la politique, le sportif ! Ce paradoxe va plus loin encore. Nous (enfin les anciens surtout) avons la mémoire des bons repas préparés par nos aïeules qui étaient toutes (ou presque) des cordons bleus. Et bien le monde de la gastronomie n'en est pas le reflet puisque c'est seulement depuis relativement peu que l'on assiste à la récompense de femmes chefs, à leur émergence ai-je envie de dire. Alors dans le foot... Nous n'avons pas plus d'exposition de femmes à responsabilités. Quand j'ai posé à la rédaction de Footpy la question de savoir qui est présidente d'un club en Midi-Pyrénées nous n'avons que deux noms. Bien sûr nous ne connaissons pas tous les clubs et donc pas le sexe de tous leurs régisseurs mais déjà en trouver si peu est vraiment révélateur. D'ailleurs mesdames les présidentes n'hésitez pas à nous contacter pour que je rectifie mon erreur. 

Comment se fait-il en définitive que le football n'accueille pas plus d'éléments du sexe dit faible ?

Cela aussi, quelle belle connerie ! Le sexe faible ? Il nous démontre tous les jours la bêtise associée à cette idée par son comportement face à la douleur, aux difficultés qu'il gère, à la force de caractère qu'il doit avoir, et j'en passe... L'homme est un enfant devant tout cela mais il refuse de la reconnaître. Quand en plus nos compagnes démontrent chaque instant des capacités à gérer les affaires, à commander, à gouverner, à éduquer égales à celles des hommes.... Ah ! Peut-être que le sexe soi disant fort a toujours eu peur... Je ne fais pas le panégyrique de ces dames qui quand même n'ont pas le monopole de la grandeur, n'ayez crainte. Mais je les aime trop pour continuer à minimiser la place qui leur revient. Alors il a fallu passer par la parité et là je ne suis pas forcément d'accord. Obliger à composer des listes comportant le même nombre d'hommes et de femmes me semble sinon exagéré mais un tantinet abusif. Cela amène à des situations parfois ubuesques comme au CD31 (Conseil départemental de la Haute-Garonne) qui, en diminuant par deux le nombre de cantons, a dû créer un poste supplémentaire de conseiller départemental pour équilibrer la parité avec l'argent de nos impôts bien entendu. Une petite précision si vous le permettez : avant c'était Conseil Général, maintenant par la volonté du nouveau président c'est Conseil départemental. Avec une seule majuscule à Conseil mais pas à département.


Un petit merci, ça ne mange pas de pain

Je reviens à mon sujet. Quelle est la place des femmes dans le football ? Toujours aussi peu représentative. Dans chaque club si on leur laisse souvent une part assez importante à des postes nécessitant rigueur (trésorerie) ou précision et diplomatie (secrétaire), le poste de présidente ne leur est qu’accessible. Par contre à ceux plus "subalternes" de cuisinière, de lavandière (celui-là quelques-unes d'entre vous le découvre, non ?), derrière la buvette ou le bar et les autres, votre présence est non seulement tolérée mais recherchée et quasi obligatoire, pauvres machos que nous sommes. Bon il faut quand même relativiser cette expertise que l'on vous connaît devant les cuisinières car pour avoir participé à certaines troisièmes mi-temps de vétérans où les cuisiniers sont des hommes, le régal n'en fût pas moindre (Éric à Blagnac, Maria et Antonio de Saint-Lys, Grégounet à Saint-Loup Cammas vous êtes mes idoles !). Est-ce la largeur de vos sourires, votre souplesse, votre patience qui vous prédisposent à ces rôles ? Je n'en sais rien mais c'est un véritable plaisir de vous voir vous activer avec tant de disponibilité et d'efficience. Malheureusement vous n'êtes pas forcément récompensées à votre juste valeur par les Districts et par les membres de votre club qui ne vous remercient jamais assez tant il est vrai que des petits mots gentils suffisent à entretenir la flamme (comme dans les couples d’ailleurs) ... Ils connaissent votre valeur mais souvent l'estiment si naturelle et faisant partie du paysage qu'ils n'éprouvent plus le besoin de vous complimenter et vous en remercier régulièrement.

Messieurs faites un effort svp vous leur devez tant ! 

Bon après cette ode à nos gentes dames qui le méritent bien, un autre sujet vite survolé. Les championnats étaient censés finir fin mai mais dans le contexte actuel nul ne sait quand la reprise (s'il y a) aura lieu. Donc à moins de se lancer dans la lecture de la boule de cristal seuls des scénarios utopiques peuvent nous titiller. Sachant que la Ligue évoque la possibilité de jouer en juin et pourquoi pas en juillet, quid des contrats fédéraux ? Théoriquement valables jusqu'à fin juin mais pas forcément payés en juin s'il n'y a pas de compétition. Un prolongement après le mois de mai mettrait les clubs en porte à faux et les plongerait dans des difficultés pécuniaires. Donc sans préjuger d'une reprise éventuelle ni de sa date, peut-être que si en avril pouvaient se dérouler au moins deux journées, le mois de mai suffirait à éponger le retard à condition de jouer mercredis et dimanches en suivant. Si grâce à notre (in)discipline devant l'épidémie (enfin si tout le monde s'y met enfin) celle-ci ne pouvait reprendre, je pense comme Jean-Michel Aulas que cette saison devrait être blanche. Ne sautez pas au plafond messieurs, j'ai le droit d'avoir une opinion même si elle n'est pas la même que la vôtre. Je comprends votre point de vue, je l'accepte. Mais quand il reste tellement de points à partager et que personne ne peut savoir comment ils seront pris, figer les classements de l'heure actuelle relèverait à mon sens de l'iniquité. Une nouvelle fois wait and see... 


J.J.E.

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