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En aparté - J-J.E. se demande où est passé le RESPECT

Dimanche 22 Mars 2020

Apparu pour la première fois à l'écran en 1938, connu pour son caractère farceur quelque peu iconoclaste j'ai emprunté au lapin Bugs Bunny sa phrase fétiche : "Euh... Quoi d'neuf, docteur ?" pour m'autoriser quelques réflexions.


En aparté - J-J.E. se demande où est passé le RESPECT
Cette fois c'est à Pierre Desproges que j'emprunte une partie de citation : "Plus je connais les hommes, plus j'aime les chiens..." pour lancer une nouvelle réflexion amère sur la fréquentation de mes semblables. Si dans la nature on peut certainement trouver d'autres exemples d'animaux fidèles, d'une part à leur couple puisque certaines espèces n'ont qu'un seul partenaire toute leur vie, d'autre part à l'homme qui les a domestiqués. Si on pose la question à un panel représentatif (c'est comme ça que l'on parle dans les sondages) immédiatement vient à l'esprit le nom du chien. Celui-ci représente parfaitement la relation la plus remarquable où la confiance et l'amour sont donnés sans arrière pensée. Il convient en préambule de prévenir les personnes ou clubs qui ne se sentent pas concernés que bien entendu mes propos n'engagent que moi et que si je tire des conclusions d'actes pas forcément majoritaires ils représentent quand même un pourcentage important qui à mon sens ne fait et ne fera qu'augmenter. 

"Faire d'une particularité une généralité il y a un fossé, que dis-je un abyme qui n'est pas prêt d'être comblé"

Que voilà une longue introduction pour lancer un sujet qui en fait n'étant que le reflet de l'évolution des mentalités suivant celle de la société a peu de raisons d'être. Sans vouloir entrer dans un discours réac suranné et même si je suis pour les progrès qui en découlent je regrette que l'on ait laissé de côté ce qui faisait la base même de la société en des temps pas si lointains, le respect, la politesse. L'enseignement qui a été abandonné il y a une quarantaine d'années par les membres de l'éducation nationale (c'est du moins mon avis) a été vite suivie par les parents. Il fût une époque où tant que le patriarche n'avait pas entamé le repas personne ne commençait et où aucun ne quittait la table sans demander la permission. Allez dire ça à n'importe quel jeune ! Comme en plus au nom de" tout est permis" il devient complètement impossible de faire la moindre réflexion... Récemment dans un stade trois spectateurs ont quitté l'enceinte en laissant derrière eux les restes d'un fast food (emballage, gobelets en cartons,...). Je l'ai vu, j'ai hésité à faire une remarque mais je me suis tu par lâcheté, certainement. Parce qu'en plus il y a toujours un risque de se faire agresser par des sportifs en mal de violence sans mauvaise conscience. Quel exemple pourtant a été montré par des vrais supporteurs asiatiques et sénégalais (me souvient-il) qui ont laissé leurs tribunes dans un état impeccable après les avoir nettoyées et leurs vestiaires par les joueurs eux mêmes. J'ai eu connaissance que cela s'est produit chez nous car un club nous en a fait part. Mais faire d'une particularité une généralité il y a un fossé, que dis-je un abyme qui n'est pas prêt d'être comblé et qui malheureusement risque de se creuser encore plus si cela est possible.

Pierre Desproges a inspiré notre éditorialiste. Photo DR
Pierre Desproges a inspiré notre éditorialiste. Photo DR

"Si l'on pense que seulement une partie des jeunes a ce genre de comportement c'est faux, il touche n'importe qui."

Les footballeurs ou du moins ceux qui foulent nos vertes pelouses n'échappent pas à ce phénomène et laissent leurs entraîneurs souvent au bord de l'apoplexie, du burn out, du dégoût et de l'abandon... J'ai plusieurs de mes potes coaches qui l'ont écrit et ont échangé leur morosité et leur envie de lâcher. On en perd un de temps en temps mais (heureusement) ces braves gens aiment trop leur football pour aller au bout de leurs envies. Ne venez pas s'il-vous-plait me dire qu'ils sont des exceptions parce que chez les autres tout est beau, tout va bien ! Quel club même ceux où les joueurs sont rémunérés n'a aucun souci ? Parce qu'il ne faut pas rêver il n'y a pas que dans les structures où la formation fanion évolue à un bon niveau que l'argent circule. Même en district certains "défraiements" ont de quoi surprendre. Et quelques avantages en nature comme la mise à disposition d'un minibus à la semaine ou la privatisation d'un autre à des fins personnelles quand on prend des vacances une semaine. D'autres chose encore ? Ben oui ! Ne pas régler le montant de la licence par exemple... Quand les joueurs demandent à ce que le montant soit retiré sur celui des primes et qu'ils ne gagnent que peu de rencontres on imagine que les clubs n'entrent pas forcément dans leurs billes. Mais il n'y a pas que ce cas de figure, parfois cela passe carrément par l'omission de payer le carton réglementaire. D'ailleurs il faudrait peut-être s'intéresser un jour à la fixation du tarif de la licence ainsi que l'utilisation par les clubs, pas toujours au prorata des revenus générés pour s'en servir trop souvent pour l'équipe une au détriment des autres sections.  Mais c'est un autre sujet à creuser ultérieurement.

"On l'a compris je fustige l'attitude d'une catégorie de joueurs mais ceux ci n'ont pas l’apanage des fourberies ou de la mauvaise foi."

J'en reviens au football proprement dit (quoi que ce terme ne convienne pas forcément !) avec les générations qui donnent mal à la tête à la plupart des staffs. Le manque devenu récurrent de parole, d’assiduité, de ponctualité, de respect , et tant d'autres choses... Le temps où les joueurs s'engageaient dans un club non pas pour l'argent mais pour être avec les copains, pour le plaisir de porter des couleurs est souvent révolu même s'il reste encore quelques oasis préservées. Maintenant souvent dès le coup de téléphone initial sans même faire allusion au niveau, au projet ou à quoi que ce soit on évoque le cas des rémunérations éventuelles. Bien sûr les grosses structures sont moins impactées parce qu'elles ont tellement de choix...   Là c'est l'inverse qui se produit car elles détiennent les rênes de l'offre et ne subissent pas forcément la demande. Si l'on pense que seulement une partie des jeunes a ce genre de comportement c'est faux, il touche n'importe qui. Après être passé sur cet appétit pécuniaire venons-en aux comportements de plus en plus fréquents, cet absentéisme pas forcément pour les matches mais surtout aux entraînements où comment voulez-vous "travailler" quand l'effectif est vraiment incomplet. Il ne faut surtout pas vexer les joueurs versatiles qui sont capables de migrer en groupe s'il le faut vers d'autres cieux à la moindre attitude jugée vexatoire à leur endroit. Les troisièmes mi-temps dont certaines mémorables auxquelles j'ai participé existent encore mais avec maintenant des endroits où certains joueurs ne restent plus. On l'a compris je fustige l'attitude d'une catégorie de joueurs mais ceux ci n'ont pas l’apanage des fourberies ou de la mauvaise foi.

En aparté - J-J.E. se demande où est passé le RESPECT

"À croire qu'être supposé mauvais quelque part n'empêche pas d'être bon ailleurs..."

Il n'y a pas que les joueurs à mettre en exergue. Certains clubs (ou plutôt leurs dirigeants) peuvent recruter un directeur sportif au milieu de saison avec l'arrière pensée de préparer la saison suivante où celui-ci prendra la fonction d'entraîneur à la place de l'actuel, en version moderne de "vouloir être calife à la place du calife" (phrase récurrente du personnage de bande dessinée Iznogoud créé en 1961 par René Goscinny et Jean Tabary). Et le contact en douce de coaches, de joueurs sans plus passer comme à une certaine époque par les clubs concernés est devenu monnaie courante (avec jeu de mot bien sûr). Ensuite des mouvements ont lieu à chaque partie de saison plus ou moins prévisibles, plus ou moins justifiés mais d'une manière récurrente ce qui ressort c'est l'incompréhension d'une telle sanction (quand comme on dit pudiquement d'un commun accord les deux parties se sont mises d'accord pour se séparer) reflet de la mauvaise foi ou peut-être de l'absence de lucidité et d'impartialité de la personne concernée, car il est bien connu que ce n'est jamais de notre faute mais de celle de l'autre. Si la parole donnée en topant dans les mains qui avait valeur d'engagement moral irréversible cela n'a plus cours de nos jours où il vaut mieux avoir un contrat en bonne et due forme pour éviter de se faire blouser. Bon en même temps les exemples se sont multipliés d'entraîneurs virés ou de joueurs non conservés qui ont vite rebondi. À croire qu'être supposé mauvais quelque part n'empêche pas d'être bon ailleurs... What else ? D'un côté les metteurs en scène, entraîneurs, managers généraux (ah quand même c'est un grade élevé dans la hiérarchie militaire, n'est-ce pas ?), de l'autre, les acteurs qui ne sont plus une quantité négligeable mais sont devenus bien plus influents même si une autre pensée de Desproges avec laquelle je finirai ne leur donne pas forcément le beau rôle : "Les hémorragies cérébrales sont moins fréquentes chez les joueurs de football. Les cerveaux aussi !"
 
 


J-J.E.

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