Connectez-vous S'inscrire

En aparté / JS Lévezou - Le "Jubilé" de... David CAUMES

Mercredi 6 Mai 2020

Nouvelle rubrique sur Footpy. On propose à l'un des acteurs de notre foot régional de revenir sur sa carrière. Après plus de 35 ans sur les bancs de touche dont 22 ans au sein du RAF, David Caumes prend du recul. L'occasion pour lui de se prêter au jeu de la rétrospective. L'ancien entraîneur d'Olemps et de la JS Lévezou se livre pour Footpy sur ses souvenirs et sa vision du football.


Quels sont vos meilleurs moments en carrière ?
J’en ai forcément plusieurs depuis que je suis sur les terrains. Disons que la montée acquise avec le RAF de la CFA 2 à la CFA lors de la saison 2003/2004 restera un de mes meilleurs souvenirs. J’étais l’adjoint de Régis Brouard, je pense qu’on a fait la saison parfaite, surtout un groupe exceptionnel, la sensation que rien ne pouvait nous arriver. Il y a très peu de saison comme celle-là. J’ai eu la chance d’en vivre en amateur également, ça laisse un parfum particulier à vivre. Il y a eu aussi des maintiens acquis lors d’une dernière journée. Je peux vous dire qu’en matière de sensation, d’adrénaline et de joie c’est pas mal aussi... Un autre grand souvenir restera la finale de la coupe d’Aveyron avec Olemps, un moment incroyable pour n’importe quel club du département. Jouer à Paul Lignon devant 2000 à 3000 spectateurs avec un club amateur devant tout son village restera une immense fierté et un moment inoubliable... Et les meilleurs moments de ma carrière resteront aussi les différentes rencontres que j’ai pues faire, que ce soit des joueurs, dirigeants, personnalités, c’est une vraie richesse… L’un de mes autres meilleurs moments restera le jour où j’ai intégré le RAF, mon club de cœur. J’y aurai tout connu, c’est une sensation forte de pouvoir évoluer dans son club de cœur...

La finale de la coupe d'Aveyron avec Olemps, un grand souvenir pour David. (crédit: D.C.)
La finale de la coupe d'Aveyron avec Olemps, un grand souvenir pour David. (crédit: D.C.)

Que pensez-vous de l’évolution du football amateur en général du point de vue de l’entraîneur ?
Le rôle d’un entraîneur aujourd’hui est complètement différent que lors de mes débuts. La simple raison est l’évolution de la vie. Avant nous avions que le football, du coup on avait des garçons beaucoup plus impliqués, plus nombreux parce qu’ils ne rataient quasiment pas de séances. C’était le sport voire l’unique sport et loisir, la passion avant tout. Aujourd’hui, ils ont tout, ce n’est plus la préoccupation première, je parle à un certain niveau. Il est évident que pour un niveau régional et au-dessus, l’entraîneur bénéficie de la quasi-totalité de son groupe... Ce qui change et qui m’effraie également, c’est de voir des clubs de district payer des joueurs, des fixes ou des primes, faire venir des joueurs de l’extérieur en oubliant ce que doit être la formation et les joueurs du cru, et en finalité pour quoi ? Jouer en R3, R2 plutôt qu’en D1 ? Mais quand il y aura des soucis, on viendra chercher qui ? Les joueurs du village ou les joueurs qu’on aura fait et venir et payer... Voilà les questions qu’il faut se poser. Il est impératif de faire cesser ces agissements pour le bien du football amateur et l’éthique sportive. En attendant, on met de côté des joueurs issus du club. Et c’est la même chose pour nous, quand j’entends les montants des salaires des coachs en district c’est juste ahurissant... En ce qui me concerne, l’argent n’a jamais dicté mes choix, mais avant tout, c’est le projet sportif et le feeling qu’on peut avoir avec les dirigeants. Merci la FFF ou merci nos instances locales ? Pourquoi nous imposer des diplômes pour entraîner un club de district ? Sous peine de sanctions financières et sportives. Je me suis toujours opposé à ce système et je m’y opposerais toujours. Résultat, les clubs sont obligés de donner un certain montant parce qu’ils ne trouvent plus personne. A l’arrivée, ce sont eux qui en sont pénalisés. Ils se battent toute l’année pour exister, trouver n’importe quel moyen pour faire rentrer de l’argent dans les caisses. C’est de plus en plus dur économiquement pour eux, et on vient leur mettre encore des difficultés. C’est honteux et les personnes élues qui ne sont pas d’accord avec ça n’ont qu’à démissionner du district, de la ligue ou de la FFF. A notre niveau on veut quoi ? Jouer, s’amuser, se retrouver autour d’un verre, partager des émotions. Qu’y a-t-il de plus beau pour des joueurs de jouer avec ses potes et défendre le maillot qui leur est si cher, celui de leur village, défendre une identité et une entité ? Résultat : des clubs disparaissent et vont continuer à disparaître... Les entraîneurs qui ont envie de faire carrière, il n’y a aucun souci à ce qu’ils passent les diplômes. Mais arrêtons dans les clubs de district, en revanche. Je ne serais pas contre voir des représentants du district lors de nos séances, voir comment on travaille, quelles sont nos difficultés, nos moyens de travail, un vrai échange sur le terrain, et de nous faire un retour pour améliorer les choses, nous aider, pourquoi pas. Sauf qu’aujourd’hui, nous sommes des entraîneurs, des frères, des pères, des psychologues et autres… Parce que notre rôle dépasse même le football, et ce n’est pas un diplôme qui nous l’apprend…

Photo du groupe en 2004/2005 avec à sa tête Régis Brouard. (crédit: RAF-infos)
Photo du groupe en 2004/2005 avec à sa tête Régis Brouard. (crédit: RAF-infos)

"Toute l’équipe du RAF de 2003, ce groupe restera pour moi exceptionnel"

Quel fut votre meilleur joueur ?
A Rodez, j’aimais énormément Frédéric Huvelle, c’était un joueur incroyable. Il avait une grosse puissance, il pouvait à lui tout seul débloquer une situation : très grosse frappe de balle, capable de marquer dans n’importe quel coin du terrain. A la fin, il avait autant de puissance du gauche que du droit, et doté d’une belle technique. C’est un joueur qui m’a marqué. Il y en a eu beaucoup d’autres, qu’il me serait difficile de tous les énumérer... En amateur, j’ai eu aussi de bons joueurs. Celui qui ne m’a pas laissé insensible, c’est Steven Melhado (joueur de la Primaube). Tout comme Fred, c’est un joueur qui peut te sortir d’une situation délicate, techniquement très fort, vitesse, à l’aise aussi bien avec son pied gauche que droit. C’est un garçon mieux encadré qui aurait dû jouer plus haut. J’ai tendance à dire que ce sont des joueurs gâchis et j’en ai vu un certain nombre dans notre département. La différence entre un bon joueur et un très bon joueur, c’est le mental, le caractère...
 
Le joueur le plus difficile à coacher ?
J’ai eu des joueurs avec beaucoup de caractère mais pas de joueur difficile. J’ai toujours aimé ces profils de garçons. Dans une équipe il en faut. Leur tempérament amène cette force qu’il peut manquer parfois à certains, à nous de savoir les canaliser…
 
Le joueur le plus fou ?
Je n’ai pas le souvenir d’avoir eu un joueur fou. Mais j’aime surtout l’insouciance, parfois la naïveté des jeunes joueurs. En revanche, ils sont capables, s’ils ne sont pas fous, d’amener de la folie dans un match. Ils ne calculent pas et je ne les bride pas non plus...
 
Aimeriez-vous avoir des nouvelles d’un ancien joueur ?
Avec les réseaux sociaux, j’ai gardé beaucoup de contact avec les anciens joueurs que j’ai pu avoir. Puis il y a pas mal de joueurs qui, après leur carrière pro à Rodez, sont restés dans le département. Mais j’en ai tellement vu passer qu’il n’est pas facile de savoir s’il y en a un en particulier. En revanche, j’aimerai revoir toute l’équipe du RAF de 2003, ce groupe restera pour moi exceptionnel...

Les Ruthénois fêtent leur montée en CFA à l'Ile Rousse. (crédit: RAF)
Les Ruthénois fêtent leur montée en CFA à l'Ile Rousse. (crédit: RAF)

"Il y a un potentiel énorme et je suis sûr qu’il va falloir compter sur lui dans les années à venir"

Un dernier mot ?
J’en profite pour remercier tous les clubs qui m’ont fait confiance. Durant toutes ces années, toutes les personnes rencontrées, tous les joueurs que j’ai eus sous mes ordres, sans qui ma passion n’aurait existé. Aujourd’hui, je vais prendre du recul avec le football. Mes soucis de santé que j’ai eu en juillet l’année dernière (stents au cœur), l’éloignement de ma vie professionnelle et le besoin de profiter de ma femme et mes enfants me font prendre cette décision… Je voudrais remercier le club de la JSL (Jeunesse Sportive Levezou), sa présidente Ghislaine Chibrac et son président Florian Jean de m’avoir donné l’opportunité de relever ce challenge, remercier tous les joueurs de m’avoir fait confiance. Ce club est vraiment extraordinaire, il y a un potentiel énorme et je suis sûr qu’il va falloir compter sur lui dans les années à venir. N’hésitez pas à y aller, vous ne serez pas déçus… Remercier tous les dirigeants qui m’ont accompagné, Bernard, Stéphane, Olivier, Phillipe, Joëlle, Yves, Flo… Et tous les autres… Merci à ma femme et à ma famille de m’avoir laissé pratiquer ma passion pleinement...
Merci à vous Footpy que je suis depuis le début. C’est incroyable le travail que vous faites pour mettre en lumière entre autres les petits clubs que nous sommes...
Et même si la période n’est pas au beau fixe actuellement, quand vous allez reprendre le chemin des terrains. N’oubliez pas de vous amuser, de prendre un maximum de plaisir, de travailler, de partager, comme si c’était la dernière fois... Protégez-vous.

Davis Caumes souvent en réflexion comme ce soir de finale de coupe de l'Aveyron (Crédit photo Cédric Méravilles photographe).
Davis Caumes souvent en réflexion comme ce soir de finale de coupe de l'Aveyron (Crédit photo Cédric Méravilles photographe).

S.D.

Catégories | Les News | Mercato | Dream Team | Tapis Rouge | Flash Back | Gants d'Or & Buteurs | Arbitres | Immersion/Aparté | FootpyTv | Divers


Dans la même rubrique :