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En aparté - Mais "kesako" la PUBALGIE ?

Jeudi 22 Janvier 2015

Depuis la trêve hivernale, la rédaction de footpy.fr fait appel à un "consultant médical" pour vous offrir une fois par mois, une rubrique médicale. Après comment gérer la trêve hivernale, c'est aujourd'hui le tour de la pubalgie... Nous remercions E.C de prendre bénévolement de son temps libre pour nous offrir un dossier complet sur chaque sujet qu'on lui propose.


En aparté - Mais "kesako" la PUBALGIE ?
Kesako ?
C’est une pathologie du bassin liée à des contraintes mécaniques mal équilibrées et à une surcharge de travail des muscles s’attachant sur le pubis et entraînant des réactions inflammatoires des os, tendons, ligaments et muscles, en chaîne. Elle se manifeste par des douleurs au niveau de l’insertion haute des adducteurs ou basse des abdos…

La symphyse pubienne est l’articulation du pubis qui absorbe les contraintes de tous les mouvements de traction, compression, cisaillement, flexion et torsion du tronc et des jambes. Plus on est cambré, plus il y a de forces de traction dessus. Les innombrables shoots et changements de direction en pleine course chez le footballeur augmentent encore ces forces en cisaillement et en torsion. Une mauvaise sangle abdominale accentue sa flexion. L’équilibre des muscles en présence (abdos, adducteurs, psoas-iliaque, ischio-jambiers, quadriceps) influe sur la statique et la dynamique de la symphyse. Une hyper-sollicitation d’un ou de plusieurs de ces muscles entraîne forcément un déséquilibre postural et un risque de pubalgie. Il est important de prendre également en compte d’éventuels facteurs extérieurs comme un chaussage (crampons) ou un matériel (ballons trop lourds par ex) mal adapté, des terrains gras, trop durs, mauvaise réalisation du geste technique, mauvaise hydratation ou nutrition, présence de foyers infectieux (dents entre autres), et si trop de joueurs  commencent à se plaindre, pensez à revoir la préparation physique  ou même l’organisation de l’entraînement !

Boire, boire, boire... et uniquement de l'eau !

En aparté - Mais "kesako" la PUBALGIE ?
Comment prévenir une pubalgie ?
D’un point de vue général, 
- La première chose à faire est de faire un check-up préventif chez son ostéo ou chez son kiné, régulièrement, pour vérifier que mécaniquement toutes les articulations du bassin et la posture générale sont respectés. Si besoin, aller voir son podologue du sport pour rééquilibrer une éventuelle différence de longueur des jambes. 
- Avoir un matériel adapté et des chaussures avec les crampons adaptés au terrain du jour !
- Boire, Boire, Boire ! et uniquement de l’eau… (ou boissons isotoniques) – certes, avant et pendant l’effort ça coule de source ;-), et pour les plus courageux : après l’effort c’est encore mieux !
- Attention aux aliments acidifiants qui ont une fâcheuse tendance à provoquer des tendinites également… 
- Prévenir et traiter les foyers infectieux (caries, problèmes de gencives ou autres).

Du point de vue de la préparation physique et des entraînements,
- Commencer la saison par une vraie préparation musculaire spécifique et progressive. Il est donc important que les joueurs soient assidus pour éviter de futures blessures… Augmenter l’intensité des entraînements progressivement pendant cette période et également diversifier de plus en plus les exercices sollicitant les muscles du tronc et des jambes pour les joueurs de champ, et des bras pour les gardiens.
- Pendant la saison, ne jamais se passer de l’échauffement, incluant un petit nombre de mouvements pour tous les groupes musculaires (quadri, IJ, adducteurs, abducteurs, fessiers profonds, mollets, releveurs du pied, psoas-iliaque et carrés des lombes, abdos puis épaules en globalité), des vitesses de course variables, des changements de direction, éventuellement des étirements actifs extra courts !
- Préférer le gainage pour le travail des abdos plutôt que les crunchs…
- Pendant l’entraînement, le coach doit rappeler régulièrement à ses joueurs de boire même quand il fait froid ! En jouant, on transpire forcément et il est nécessaire de renouveler cette eau que l’on perd, et qui va servir aux muscles pour s’activer et récupérer.
- Si les matchs sont espacés de plus d’une semaine, continuez à solliciter les joueurs par des entraînements très réguliers, pour qu’il n’y ait pas de ruptures brutales et de reprises trop intenses dans les efforts musculaires.
- En fin d’entraînement, il est aussi important que vos muscles récupèrent messieurs, dames… et donc on ne squeeze pas les étirements ! qui cette fois, doivent être tenus de 30 sec à 1 min par groupe musculaire…  Si ça peut vous rassurer, un seul étirement correct par groupe musculaire suffit, autrement dit en 5 à 6 min vous aurez tout passé en revue !
- Vous  pouvez aussi attendre d’avoir pris votre douche et d’être rentré chez vous… votre coach sera d’autant plus fier de vous voir vous prendre en charge sans empiéter sur sa séance !

« Shortystrap », ce peut être intéressant mais dans l’idéal, il faudrait que cette utilisation ne soit que transitoire.

Le Shorty une solution mais pas que...
Le Shorty une solution mais pas que...
Et si malgré tout, le diagnostic de pubalgie est posé…
Dans un 1er temps, le repos s’impose…
Et pendant ce temps, votre médecin et votre kiné vont chercher la cause de VOTRE pubalgie (ce n’est pas forcément la même que votre pot’) : mécanique, hyper-sollicitation musculaire, manque ou déséquilibre musculaire, autres facteurs (nutrition, hydratation, infections)… Le médecin pourra donner un traitement anti-inflammatoire si nécessaire. Accompagné par des glaçages réguliers. Les ultra-sons ou mieux la técarthérapie seront nécessaires pour cicatriser et aider la reconstitution des tissus touchés.
Des mobilisations articulaires sont souvent indispensables. Pas les étirements pendant cette phase!

Dans un 2ème temps, le retour à l’effort doit se programmer progressivement en collaboration avec votre coach. Commencer par un retour au footing sur surface « souple » (herbe, piste d’athlé) pour limiter les ondes de chocs qui induisent des micro-traumatismes, puis reprendre le ballon seul selon les exercices recommandés. Et enfin, retrouver le jeu avec ses collègues de terrain en augmentant progressivement la puissance de vos frappes. Toute sensation douloureuse dans la région pubienne lors de la reprise doit être indiquée immédiatement à son thérapeute pour éviter une reprise des inflammations.

En bref, Lorsque vous sentez des douleurs poindrent dans la région pubienne, n’attendez pas ! Prévenez votre coach et votre kiné/médecin. Plus vous serez traité tôt, moins l’arrêt du foot sera long… On ne le répétera jamais assez, si vous voulez éviter les blessures : s’échauffer, s’entraîner et récupérer sont 3 étapes indissociables. Boire et manger correctement font partie de la prévention et de la récupération. Pour la reprise du foot après pubalgie, certains joueurs utilisent un « shortystrap », ce peut être intéressant mais dans l’idéal, il faudrait que cette utilisation ne soit que transitoire. Si le bilan de la lésion est trop important, le recours à la chirurgie peut être envisagé.

Par EC

Nos joueurs amateurs ne sont pas épargnés par la pubalgie.
Nos joueurs amateurs ne sont pas épargnés par la pubalgie.

E.C

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