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Féminines - Le Tarn-et-Garonne, l'exemple à suivre

Samedi 20 Juillet 2019

Quinze jours que la Coupe du Monde en France est terminée. Vient donc l'heure du bilan. Je voulais faire un article sur le football féminin et l'émission « L'équipe du soir » du mois dernier m'a donné le sujet, la trame. Lors de cette émission, certains consultants et journalistes, dont l'ex-footballeur Olivier Rouyer, émettent des doutent sur la popularité du football féminin et même soi-disant « qu'il est difficile de faire venir les filles » d'après le journaliste Damien Degorre. Peut-être dans son club ? Peut-être chez vous ? (Par Taribo West)


Il serait intéressant que les personnes se renseignent, que les médias explorent plus loin que la région parisienne ou ses départements voisins.
Je prends l'exemple du Tarn-et-Garonne où Daniel Tristan et Romaric Arnon (responsable technique) se sont battus, contre les préjugés et les avis contraire, pour enlever la mixité dès les U8. Beaucoup ne croyaient pas en cette idée et pourtant on s'aperçoit que cela fonctionne, et même très bien.
Je parle en connaissance de cause car je suis papa d'une petite footballeuse qui a débuté avec les garçons et je suis également responsable d'une école de foot à Montech (82). Dans notre club, nous sommes passés de cinq féminines en 2014 à soixante-quinze en 2018 avec la création d'une équipe senior en 2019 ? Cela devrait nous permettre d'atteindre la centaine de filles. Elles apportent une vraie dynamique et une vraie plus-value à notre école de foot. Il n'y a plus d'un côté les garçons et de l'autre les filles. On s'entraide, on s'encourage que cela soit les éducateurs ou même les jeunes. On réalise des actions communes en lien avec le PEF (Projet Educatif Fédéral).

Pourquoi cela fonctionne-t-il ?

Féminines - Le Tarn-et-Garonne, l'exemple à suivre

Je vais prendre l'exemple de ma fille Emma, qui va passer en U10 et entamer sa quatrième saison. Elle a commencé avec les garçons en U7 où au début cela s'est bien passé mais en fin de saison les garçons se moquaient et lui en voulaient quand l'équipe perdait. Les garçons sont plus compétiteurs et durs entre eux. Même à l'école elle avait des réflexions. Si le District n'avait pas enlevé la mixité, elle aurait arrêté mais du coup en montant chez les féminines elle a continué.
Au bout de sa seconde saison, elle a embarqué quatre copines avec elles pour continuer à jouer ensemble. Elle a comme modèle l'ancienne capitaine d'Albi et du TFC, Anaïs Arcambal et adore Valérie Gauvin, l'avant-centre de l'équipe de France. Elle connaît autant les joueuses féminines que les joueurs garçons.
Beaucoup de jeunes filles viennent jouer au foot comme Emma pour s'amuser et ne pas se faire moquer par les garçons. Entre elles, elles progressent, s'encouragent et rigolent. Même chez nos U15 et U18 l'état d'esprit est différent et je prends un très grand plaisir à aller les voir. Elles détestent perdre mais à la fin du match elles se regroupent au centre du terrain et chantent quand même. Voyez-vous cela chez les garçons ? Ben non, trop sérieux. Ils veulent tellement devenir les meilleurs qu'ils en oublient la base, le plaisir. Et je ne parle pas des parents qui voient en leur fils le futur Mbappé.
Alors oui, le niveau est peut-être moins élevé mais le niveau D3 ou D4 chez les garçons est-il plus intéressant ?


Un fonctionnement unique

Féminines - Le Tarn-et-Garonne, l'exemple à suivre

Autre petit bémol, si cela en est un pour les filles qui sont au-dessus techniquement. Dans notre club, certaines sont vite trop fortes par rapport au groupe et ne progressent plus. Elles préféraient jouer avec les garçons. C'est pour cela qu'elles partent à Montauban ou à Toulouse pour progresser. À ce jour, nous avons une fille, Camille Pécherman qui a joué chez nous et est gardienne au Paris FC (D1) et en équipe de France U20. On a également deux joueuses en sélection et trois-quatre joueuses en section sportive.
Je me battrai toujours contre ceux qui pensent que le football féminin est moins intéressant que le football masculin. Il est seulement différent et j'ai tendance à penser que dans n'importe quel match il y a des choses à retirer, à observer. Le District du Tarn-et-Garonne est pionnier dans sa manière de fonctionner et de mettre en valeur le football chez les filles. Au final, Emma a refusé d'arrêter le foot quand ma femme essayait de la mettre à la musique. Même ma femme pourrait intégrer l'équipe senior. Sa fille l'encourage et est fière de sa maman en la regardant. La qualité, le niveau sont secondaires alors que l'état d'esprit est prioritaire.
Les garçons devraient un peu plus prendre exemple et aller au bord des terrains féminines que de critiquer ou de minimiser ce beau football. Je suis prêt à devenir un porte parole s'il le faut. Et la Women French Cup à Toulouse avec le Bayern, le PSG, Manchester City, Chelsea ou Lyon, n'est-ce pas un beau tournoi ? Les médias ne le couvrent même pas sauf Footpy ou La Dépêche.
J'invite donc les médias et la Fédération Française de Football, quand vous le souhaitez à Montech pour échanger et partager notre expérience dans le même objectif, rendre nos petites heureuses sur un rectangle vert et développer le foot féminin.


Les filles dans le Tarn-et-Garonne prennent un grand plaisir à jouer ensemble.
Les filles dans le Tarn-et-Garonne prennent un grand plaisir à jouer ensemble.

Taribo West (taribowest@footpy.fr)

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