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Gambardella - Jérémy JOSEPH (Balma) / Rémi LACROIX (Colomiers), souvenirs de victoire

Samedi 27 Avril 2019

Les images sont toujours aussi fraîches dans la mémoire et ne s’effaceront jamais. Vainqueurs de la coupe Gambardella avec le TFC en 2005, Jérémy Joseph et Rémi Lacroix reviennent avec une pointe de nostalgie sur l’un des grands moments de leur carrière. L’aventure dans cet événement majeur chez les jeunes s’est terminée en apothéose par un succès des Pitchouns 6-2 face au Lyon de Karim Benzema et Hatem Ben Arfa. Les deux compères nous évoquent leurs souvenirs et espèrent voir une nouvelle génération de Pitchouns leur succéder au palmarès, à quelques heures de la finale TFC/Saint-Étienne (ce samedi à 17h15). (Par Dennis Bergkamp)


Ça vous fait quoi de voir qu'une nouvelle génération de Pitchouns pourrait vous succéder comme vainqueurs de la Gambardella?  
Jérémy Joseph : Pour être sincère, cela fait bizarre. Ce furent de telles émotions qu’on a tendance à s’approprier ce moment… Étant un vrai fan de foot, j’ai vu beaucoup de matchs des joueurs qui composent cette équipe. Ils méritent leur place et ce qui leur arrive. Ils ont vraiment une belle génération. 
Rémi Lacroix : En tant que toulousain, cela me fait énormément plaisir de voir une génération de joueurs talentueux émerger. C'est de bon augure pour le futur du TFC. J'espère juste que les responsables du club miseront sur cette génération pour construire la future équipe professionnelle du club... (chose qui n'a pas été faite à notre époque). 
 
Quels souvenirs gardez-vous de votre magnifique parcours en 2005 ?
J.J. : Je garderai en mémoire qu’en plus du talent d’un grand nombre de joueurs qui composaient notre effectif, on avait tous une chose qui liait un joueur à un autre. Pour un groupe d’un club pro où l’on ne choisit pas les joueurs par affinités, ce fut une réelle force. Puis tous nos déplacements, à partir des huitièmes (nous nous sommes déplacés à chaque fois). Cela a contribué encore plus à nous souder. Ainsi que la joie et les larmes (même pour les plus fiers) lors du coup de sifflet final, et plus tard quand on se rend compte de notre exploit, puis que notre aventure est terminée.
R.L. : La finale au stade de France contre Lyon gagnée 6-2 bien sûr. Mais j'ai aussi en tête le match le plus difficile de notre parcours lors des seizièmes de finale à Saint-Étienne gagné aux tirs au but avec trois arrêts de Pascal Élissalde notre gardien. 
 
Racontez-nous cette finale jouée contre Lyon... 
J.J. : Ce fut la confrontation d’une équipe de potes face à onze individualités. Je ne me suis jamais senti aussi fort sur un terrain que lorsque j’étais entouré des joueurs qui composaient notre équipe. On ne faisait qu’un. Même Benzema ou Ben Arfa ne me faisaient pas peur, alors qu’il y avait de quoi (rires). Le coach (Jean-Marc Philipon, NDLR), évidemment, y est pour beaucoup. C’était un fin tacticien qui savait à merveille gérer un groupe.
R.L. : Nous n'étions pas favoris. Lyon alignait une équipe composée de joueurs de renom comme Benzema, Ben Arfa, Gonalons, Rémy Riou, Anthony Mounier ou encore Loïc Rémy. Mais le foot est un sport d'équipe et collectivement nous étions largement supérieurs. Notre envie, notre détermination, nos automatismes, notre rigueur tactique, la maturité qu'on dégageait ont eu raison de leurs individualités. Nous avons maîtrisé cette finale de bout en bout même si à six à zéro nous avons eu un petit relâchement qui leur a permis de marquer deux buts. 

"La gestion humaine de notre coach fut exceptionnelle"

De quoi êtes-vous le plus fier par rapport à cette victoire en Gambardella ? 
J.J. : Etant natif de Toulouse, cela me rend fier d’avoir gagné la première coupe Gambardella pour le TFC. Quatorze ans après on parle encore de nous. Je suis fier d’avoir des amis en or qui sont venus (de Rodez) en train couchette me supporter au Stade de France. Ce fut un immense plaisir de partager ce moment avec eux. Ils m’ont donné beaucoup de force. La soirée après la finale avec eux et l’équipe restera à jamais gravée, j’ai l’impression qu’eux aussi ont gagné la coupe tellement ils faisaient partie de l’aventure dans ma tête.
R.L. : De l'aventure humaine que ce parcours m'a fait vivre, aujourd'hui on en parle encore. On a réussi à laisser notre empreinte dans l'histoire du club avec ce trophée. 
 
Avez-vous une anecdote ou un événement qui vous a marqué durant l’aventure ? 
J.J. : À partir des huitièmes de finale lors de nos déplacements nous nous endormions très tard. Nous ne nous couchions jamais avant une ou deux heures du matin car nous passions nos soirées à rire ensemble. La veille de la finale ce fut pareil, on n’a pas fermé l’œil de la nuit. La gestion humaine de notre coach fut exceptionnelle. Je me souviens avoir entendu une discussion entre un dirigeant et notre coach au détour d’un couloir qui voulait nous réprimander car c’était un bordel sans nom dans les couloirs tard dans la nuit. Le coach lui a alors lancé « Laisse les faire, c’est grâce à tout ça qu’ils en sont là… ».
R.L. : Lors d'un entraînement après la demi-finale emportée, le directeur sportif M. Ali Rachedi est venu nous parler sur le terrain. On pensait tous qu’il venait nous féliciter... Finalement non, il nous a dit : "ne vous enflammez pas il n'y a aucun joueur talentueux capable d'évoluer un jour en Ligue 1, vous allez voir en finale... " On a répondu de la meilleure façon en emportant cette finale et en confirmant l'année suivante en CFA (National 2) en finissant troisième de notre groupe derrière Rodez et Yzeure.

"Une telle aventure nous lie à vie"

Êtes-vous restés en contact avec vos coéquipiers de cette époque ? Allez-vous suivre la rencontre ensemble ?
J.J. : Avec la plupart oui. En premier lieu avec Walid Cherfa avec qui on ne s’est jamais quittés même jusqu’à présent car nous jouons encore ensemble à Balma. Je le considère comme un membre de ma famille depuis toujours. Sinon je vois de temps en temps Évan Leduby ou Rémi Lacroix. Puis par téléphone deux à trois fois par an Kévin Dupuis. Et pour finir Ibou Bakar à tous les premiers épisodes de Koh Lanta car on le regardait ensemble.
Cela aurait pu être une occasion, c’est vrai, que l’on voit la finale ensemble mais personne ne s’est voué en organisateur comme souvent dans ces cas-là. On aurait apprécié un coup de pouce à ce niveau-là…
R.L. : Avec certains oui, d'autres un peu moins mais par le biais des uns et des autres et avec les réseaux sociaux j'ai des nouvelles de tout le monde. Une telle aventure nous lie à vie...
Malheureusement rien n'a été organisé en ce sens mais j'en suis sûr que chacun d'entre nous jettera un coup d'œil à cette rencontre. 
 
Selon vous, comment les jeunes du TFC doivent-ils aborder cette finale ? 
J.J. : Il serait prétentieux de donner des conseils. Chaque joueur a un ressenti différent à la pression d’un match et d’un événement comme celui-ci. C’est la principale chose à savoir gérer. Au vu de leurs qualités footballistiques, s’ils font preuve de respect les uns envers les autres, ça ira tout seul.
R.L. : Comme un match ordinaire, comme ils le font tous les week-ends. Le piège serait de l'aborder autrement. 
 
Avez-vous un message à leur transmettre ? 
J.J. : Amusez-vous et profitez à fond car vous ne refoulerez plus jamais la pelouse du Stade de France (rires).
R.L. : Je leur délivrerai le même message que celui de notre coach avant la finale : une finale, ça ne se joue pas ça se gagne, on ne retient que le nom du vainqueur. Un gros « merde » et régalez-vous. 
 
Un pronostic ? 
J.J. : Les deux équipes étant au coude à coude en championnat, je dirai 1-0 pour nos pitchouns.
R.L. : Victoire du TFC aux tirs au but avec trois arrêts du gardien pour un remake de notre seizième de finale face aux Vert en 2005 ! (rires)
 
Propos recueillis par Dennis Bergkamp
dennisbergkamp@footpy.fr

La victoire du TFC lors de la coupe Gambardella en 2005 restera à jamais gravé dans la mémoire.
La victoire du TFC lors de la coupe Gambardella en 2005 restera à jamais gravé dans la mémoire.

LE PARCOURS DU TFC
SOIXANTE-QUATRIÈME DE FINALE
Dimanche 16 février 2005
- TFC / Libourne-Saint-Seurin 4-1 (doublé de Dupuis, Robic, Vaz pour le TFC)

TRENTE-DEUXIÈME DE FINALE
Dimanche 13 février 2005
- TFC / Angoulême 7-0 (quadruplé de Dupuis, Robic, Pentecôte, Michetti pour le TFC)

SEIZIÈME DE FINALE
Dimanche 13 mars 2005
- Saint-Etienne / TFC 0-0 (0-3 aux TAB)

HUITIÈME DE FINALE
Mercredi 6 avril 2005
- Hyères / TFC 0-3 (Constant, Pentecôte, Dupuis pour le TFC)

QUART DE FINALE
Mercredi 20 avril 2005
- Sedan / TFC 1-2 (Dupuis, Constant pour le TFC)

DEMI-FINALE
Dimanche 1er mai 2005
- TFC / Amiens 0-0 (4-2 aux TAB)

FINALE
Samedi 4 juin 2005
- TFC / Lyon 6-2 (doublé de Dupuis, Bakar, Robic, Pentecôte, Ayasse pour le TFC)

LES VAINQUEURS DE LA GAMBARDELLA
Pascal Elissalde, Styves Morissette, Idriss Messaoudi, Alexandre Matejic, Evan Leduby, Walid Cherfa, Jérémy Joseph, Thomas Ayasse, Kevin Constant, Rémi Lacroix, Ibor Bakar, Antony Robic, Kevin Dupuis, Xavier Pentecôte.
Ont également participé à l'aventure: Pierre Caillaud, Ludovic Michetti, Mickael Solvi, Davy Liboni, Oumar Diémé, Gabriel Vaz.


Dennis Bergkamp

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