Connectez-vous S'inscrire

L'ITW du président – Mourad GHENAIM (PI Vendargues) : « Nous sommes à notre place »

Jeudi 30 Avril 2020

Mourad Ghenaim connaît une première saison en tant que président des plus particulières. Au Point d’Interrogation Vendargues, chacun célèbre la montée en Régional 1 de chez soi. Après 6 ans passés en R2, le club héraultais s’offre une belle lutte avec Castelnau-Le-Crès pour la première place quand le championnat s’arrête. La décision de la Ligue leur est favorable et les 410 licenciés doivent donc se préparer à distance à jouer au plus haut niveau régional, dans un flou général. Entretien avec celui qui attendait ce moment depuis longtemps, mais certainement pas dans ces conditions.


Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis originaire du Nord, et je suis descendu avec mes parents étant jeune. J’ai joué aux Arceaux, à Lattes et j’ai mis entre parenthèse le football au début de ma carrière professionnelle. Je suis dirigeant d’une entreprise d’armatures pour béton.

Quand et comment êtes-vous arrivé à ce poste, et quel est votre parcours dans le monde du football ?
J’ai commencé à Vendargues il y a 15 ans en tant que dirigeant. J’ai d’abord entraîné les jeunes et fait un peut tout. Il y a 10 ans je suis entré au bureau, je suis passé vice-président et quand mon prédécesseur, Pierre Rascalou est arrivé au bout de son aventure, on m’a proposé la place. C’est un poste qui réclame 100% de votre temps de bénévole, je passe mes journées au téléphone. Mais ce club me ressemble beaucoup et j’ai été soutenu par beaucoup de gens du village alors j’ai dit oui. Je suis du genre à respecter le rôle de chacun dans le club, l’entraîneur prend ses décisions, moi je reste derrière le poteau de corner à stresser dans mon coin. Ce qui est beau dans ce club c’est que même si sur le terrain, je n’ai rien à dire, une fois le match fini, on vit tous ensemble les émotions.

Pouvez-vous nous présenter le club que vous présidez ?
Nous sommes situés entre Montpellier et Nîmes dans un village de 6 000 habitants. L’esprit est donc très familial. Très longtemps nous avons été en District et depuis la montée en Régional 2 il y a 6 ans, nous avons voulu développer notre école de foot. Maintenant on rentre dans l’inconnu…

Votre équipe fanion monte enfin en R1, depuis combien de temps votre club attend-il cette consécration ?
Nous n’attendions pas du tout la montée, ce n’était pas un objectif. Le club est à hauteur humaine qui ne se destine pas à monter chaque année, on se concentre d’abord à garder le niveau acquis. Mais cette saison a été belle et sur le plan sportif, le résultat est mérité. On commence à attirer des jeunes et on peut envisager d’avoir les armes pour rester en R1.

L'équipe de Vendargues que la R1 va apprendre à redouter (crédits N. Moog/ PIV)
L'équipe de Vendargues que la R1 va apprendre à redouter (crédits N. Moog/ PIV)

« Faire monter la deux, c’est essentiel »

Évidemment, les circonstances sont particulières cette saison. Que pensez-vous de la solution trouvée par les Ligues pour clore cette saison et entériner les résultats ?
Être champion à la vraie dernière journée ça aurait été beaucoup plus beau. Oui forcément, je suis satisfait de monter, mais j’aurais préféré attendre, gagner sur le terrain, peut-être dans des phases finales. Aujourd’hui tout se passe en virtuel, c’est bizarre. Il fallait bien qu’ils décident quelque chose, j’en suis conscient et je les comprends en ces temps inédits. Cette saison était bien partie et on se tenait à deux avec Castelnau, nous sommes les deux clubs qui étaient favoris pour la montée, donc j’estime que nous sommes à notre place.

Au niveau financier, pourrez-vous assumer la montée la saison prochaine ? Comment le confinement impacte les finances de votre club et vos activités ?
Oui il y a un gros manque à gagner sans le tournoi prévu fin mai. D’autres manifestations comme des stages et des rencontres avec les sponsors sont tombées à l’eau. J’espère que la situation sera telle qu’on pourra compter sur les partenaires qui sont déjà avec nous. Tout est actuellement en pause aujourd’hui, mais que ce soient les entreprises et la mairie, j’espère que tout ira bien pour repartir ensemble vers l’avant. Dans tous les cas le plaisir de se retrouver autour du football devrait être encore plus grand que d’habitude.

Qu’espérez-vous de la part des instances pour la reprise ?
C’est le virus qui fait sa loi, tant qu’il y a un risque de reprise de la pandémie, on doit attendre à mon avis. Tant qu’il y aura un doute, on ne pourra pas s’épanouir. Il faut attendre le maximum quitte à caler le championnat sur l’année civile. Je ne vois pas l’issue actuelle donc je ne peux qu’être dans l’expectative. J’attends de voir avant de commenter.

Revenons au sportif : Votre équipe 2 est en D3, l’écart avec la une ne vous pose-t-il pas de problèmes ?
Il faudrait donner plus de moyens pour la deux et combler cet écart. Mais ça ne fait pas tout parce que c’est très dur de sortir du niveau District, la lutte est âpre. Et évidemment ce n’est pas une mince affaire de faire jouer les jeunes qui arrivent en senior au niveau District. C’est rare d’en voir prêts pour ce niveau. L’an prochain on veut mettre en place une équipe Elite U20 pour jouer ce rôle de passerelle. Mais notre objectif est bien sûr de tout faire pour faire monter la deux, ça devient vraiment essentiel.

Le président Ghenaim veut rester prudent (crédits N. Moog / PIV)
Le président Ghenaim veut rester prudent (crédits N. Moog / PIV)

« On ne va pas faire n’importe quoi »

Parlez-nous des performances de vous jeunes.
C’est compliqué de garder des groupes sur le long terme. Il faut tout donner chaque jour pour rester au haut niveau pour attirer plus de jeunes. Avec nous ils peuvent s’émanciper peut-être plus tardivement, mais ils ont toutes les chances de se bâtir une belle image chez nous.

Comment vivez-vous la concurrence avec Montpellier ou des voisins comme Lattes et Fabrègues qui sont aussi attractifs pour les jeunes ?
Il y a aussi Castelnau-Le-Crès, Lunel, Nîmes… et beaucoup d’autres clubs à côté. La concurrence est vraiment importante. Heureusement elle est saine, d’autant qu’on se place comme un club purement régional qui peut relancer des joueurs, plus ou moins jeunes, qui peuvent postuler dans des clubs pros. On peut les garder pour évoluer en R1, tout comme on peut leur servir de rebond.

Quelle est votre politique pour les féminines ?
Nous sommes heureux d’avoir pu monter deux équipes jeunes chez les féminines, mais nous sommes en réflexion pour faire une équipe sénior. Malheureusement cette réflexion s’est arrêtée nette quand le confinement a été déclaré. On pense plus à préserver nos équipes comme elles sont actuellement, on ne peut plus se projeter dans cette période trouble. Mais oui une équipe sénior féminine est d’actualité.

Quelles sont vos ambitions à moyen et long terme ?
Pour la une, j’aimerais rester au niveau R1 la saison prochaine, amener toutes nos équipes à 11 en Ligue, garder un maximum de jeunes. J’espère qu’ils continueront à être fiers de porter nos couleurs. Ils viennent d’un bon vivier et ont du talent.

Combien de stars allez-vous recruter à Vendargues dans cette intersaison particulière ?
Les coaches sont raisonnables, que ce soit Sabri Allouani ou Arnaud Saulcy, ils ont tous les deux évolué au club, ils savent où ils sont. Le recrutement sera très raisonnable. On ne va pas faire n’importe quoi, avancer pas à pas et garder le très bon effectif qui nous a mené en R1. Il ne faut pas tout chambouler, continuer sur le même tempo et on apprendra match après match.

Un dernier mot ?
J’espère qu’on pourra très vite tous se retrouver au bord des terrains. On constate aujourd’hui nos privilèges. Le foot manque à tout le monde parce qu’il nous fait vivre ensemble.

Recueilli par W.H.

Les coaches Arnaud Saulcy et Sabri Allouani encadrent l'autre taulier du club, Jean-François Ballesta (crédits : N. Moog / PIV)
Les coaches Arnaud Saulcy et Sabri Allouani encadrent l'autre taulier du club, Jean-François Ballesta (crédits : N. Moog / PIV)

W.H.

National/CFA/CFA2 | Ligue | Districts | Foot Entreprise | Jeunes | Futsal/Indoor | Féminines | Coupe de France


Dans la même rubrique :