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L’ITW du samedi – Jean-Michel MALAVELLE (président du Montauban FCTG) : « On a professionnalisé le fonctionnement du club »

Samedi 20 Janvier 2018

Cela fait dix ans qu’il est président, mais Jean-Michel Malavelle parle toujours de son Montauban avec passion. Avec lui nous jetons un regard sur le travail accompli, ce qu’il reste à faire au niveau régional et avec les féminines en Division 2, et sur l’avenir du club avec un nouveau stade pour 2019. Puis une nouvelle direction ? Rien n’est sûr mais la page pourrait bientôt se tourner (par W.H.).


Quelle est votre histoire avec Montauban ?
Je suis originaire de Castelsarrasin et j’ai joué à Montauban quand j’étais en minimes pendant deux ou trois ans, puis je suis parti sur la région toulousaine. Je ne suis revenu qu’à cause de ma situation professionnelle il y a une vingtaine d’années. J'avais décroché d’avec le football et finalement, à la demande de l’ancien président M. Cocolo, je me suis rapproché du club. Et au moment de sa démission, j’ai été le couillon qui a levé le bras pour prendre sa suite (rires). J’ai été encouragé par d’autres dans cette voie et ça fait maintenant dix ans que je vis cette aventure. J’étais plutôt un homme de terrain qu’un administratif. Donc ce n’était pas prévu que je me retrouve à ce poste, ça a été un concours de circonstances. Quelques personnes avec moi m’ont soutenu et garanti leur accompagnement.

Votre rôle de président a-t-il évolué ?
Il y a eu plusieurs étapes : au début il fallait être un peu partout à cause d’un problème d’organisation, de finances et d’autres choses qui nous ont obligés à faire un travail de fond. Nous sommes allés chercher des gens avec des compétences pour être nos relais sur le terrain et nous nous sommes concentrés sur l’administratif. Il a fallu combler le déficit. Ensuite c’était au tour de la réorganisation sportive et le fonctionnement collectif. Nous avons redéfini les priorités du club quitte à mettre les résultats de côté dans un premier temps. On a "professionnalisé" le fonctionnement du club. Une fois des bases saines retrouvées, j’ai pu travailler sur le grand projet qu’est le nouveau complexe sportif en collaboration avec la mairie.

Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui, je passe environ huit heures par semaine à m’occuper du Montauban FCTG. Je ne gère pas le sportif, j’ai des gens de confiance qui font ça très bien. Pendant les périodes de tournoi, ou lors de l’accession tardive de l’équipe féminine en D2 à cause des barrages, il a fallu travailler tous les jours sur le projet et la recherche de financements. Ça a été assez chargé cette année. En plus d’être président je suis papa, mon fils joue au club et j’essaye d’aller voir toutes les équipes le week-end mais ce n’est matériellement pas possible. Je vois trente minutes d’un match par-ci par-là. Je dois être disponible le plus possible pour les équipes fanions à domicile, mais je ne fais pas les déplacements.

Le président sait que ses filles peuvent se maintenir en D2. (crédit: J-M.M.)
Le président sait que ses filles peuvent se maintenir en D2. (crédit: J-M.M.)

"Nous jouons avec des jeunes du cru qui viennent jouer pour rien"

Quel bilan tirez-vous de cette première moitié de saison ?
Il y a beaucoup d’équipes et en général, toutes ne vont pas bien en même temps. On va dire qu’on est un peu en dedans en ce moment en termes de résultats. Chez le Régional 2, le début de championnat a été difficile, le changement d’entraîneur n’a pas facilité la continuité. Nous jouons avec des jeunes du cru qui viennent jouer pour rien. Donc forcément la sélection est naturelle et on s’appuie sur ceux qui ont l’esprit du club, qui jouent pour s’amuser. On veut qu’ils aient un bon comportement sur le terrain parce qu’ils véhiculent l’image de Montauban. Le résultat n’a rien de certain et donc il y a des années sans. Mais c’est sûr qu’on aimerait bien retrouver le Régional 1 avec les garçons et s’y stabiliser. Mais la poule de Régional 2 est très homogène avec de belles équipes qui ont le même objectif que nous. Il va falloir accrocher les trois premières places mais nous avons déjà du retard.

Et pour les filles en D2 ?
Pour les filles, on savait que ça allait être compliqué. Cette accession est une nouveauté pour beaucoup de joueuses. Et en termes de temps nous avons été précipités par une intersaison très courte et n’avons pas pu faire les transferts qu’on espérait. Dans ce championnat, il y a cinq équipes qui sont bien supérieures aux autres dont Saint-Étienne, Dijon ou Grenoble, puis le TFC et Yzeure qui dominent les cinq ou six qui jouent le maintien. Pour l’instant nous avons notre destin en mains parce que nous ne sommes ni relégables ni barragistes. Alors il va falloir retrouver un peu d’allant et de combativité. Cette combativité qui faisait la marque de l’équipe. Le maintien ce sera plus la tête que les pieds qui vont nous le faire obtenir.

Comment voyez-vous la fin de saison ?
Si on se maintien chez les filles tant mieux sinon on en tirera les enseignements, on se réorganisera et on repartira de l’avant. On a beau tout mettre en place pour que ça se passe pour le mieux, mais malheureusement les résultats de ce sport sont trop aléatoires. Que ce soit chez les filles ou les garçons, je sais bien que tout le monde s’entraîne sérieusement, tout le monde fait son maximum, mais il se peut que parfois la réussite nous fuie ou l’adversité soit supérieure. Je pense à la défaite contre Portet en Régional 2 cette saison qui a été incontestablement plus fort. Mais un championnat c’est long et on essaiera de prendre notre revanche au retour pour être à l’affût des trois premières places. Je ne fonctionne pas vraiment en termes d’objectifs. Je pars du principe que le résultat est une conséquence du travail effectué et je ne veux pas rentrer dans une spirale de "il faut absolument monter ou atteindre tel objectif" parce que ça stresse tout le monde et nous restons un club amateur. Il y a assez de pression au quotidien pour qu’on en rajoute dans le sport.

Le président espère voir son équipe accrocher la montée en Régional malgré le retard accumulé. (crédit: Montauban FcTg)
Le président espère voir son équipe accrocher la montée en Régional malgré le retard accumulé. (crédit: Montauban FcTg)

« Je n’ai pas l’intention de m’éterniser à ce poste »

Quelles sont les échéances importantes à venir pour Montauban ?
La plus grande est bien sûr septembre 2019 : l’aboutissement du grand projet de complexe sportif. C’était un serpent de mer depuis de nombreuses années et la ville nous a promis la livraison de celui-ci l’année prochaine. Les sept cent trente licenciés se réuniront au même endroit pour renforcer la vie du club et le caractère associatif. Je sais très bien que ce n’est pas parce qu’on aura des terrains neufs qu’on sera meilleurs en foot, ce serait trop facile (rires) mais ça va au moins nous permettre de nous entraîner davantage et mieux. Parce qu’aujourd’hui toutes les équipes sont limitées, d’autant plus en ce moment avec les soucis climatiques. Lorsque les joueurs et joueuses s’entraîneront trois fois au lieu de deux, ou quatre fois au lieu de trois, on espère s’améliorer un peu. C’est donc bien ça le grand rendez-vous.

Comment voyez-vous l’avenir ?
Je n’en ai pas encore parlé, mais je n’ai pas l’intention de m’éterniser à ce poste. Parce que c’est tout de même beaucoup de temps et d’énergie dépensés. Évidemment j’irai au moins jusqu’à la livraison du complexe, mais après je m’interroge parce que je fatigue et que je sais que je n’ai pas réussi à faire tout ce que j’aurais aimé. Il faut aussi être humble, trouver un nouveau souffle avec peut-être de nouvelles idées. Un fois dans notre nouveau stade, je me poserai la question. Aucune décision ne sera prise avant, mais je ne vais pas faire cinquante ans de présidence, dix ans ce n’est déjà pas mal ! Je sais que les candidats ne se bousculent pas au portillon, mais il va bien falloir que je parte à un moment et je laissera un bel outil de travail avec des finances saines et je suis déjà satisfait de cela. Ensuite, j’espère que Montauban trouvera sa place en National 3 très rapidement.

Un dernier mot ?
Je veux remercier l’ensemble des licenciés du club avec les éducateurs en premier lieu qui sont pour moi la pierre angulaire de notre association. Ce sont eux qui donnent de leur temps et de leurs forces aux gamins. Et aussi les bénévoles, car un club sans bénévoles, ça ne fonctionne pas. On a du mal à en trouver et je leur dis toujours qu’ils sont plus importants qu’un joueur. On essaie de les mettre dans les meilleures dispositions et je demande à ce qu’on les respecte beaucoup. Quand je vois comment d’autres sont traités dans les autres clubs, ça me laisse sans voix…

Recueillis par W.H.

Jean-Michel Malavelle (en bas au centre) songe à prendre du recul pour profiter un peu plus des bonnes choses. (crédit: J-M. M.)
Jean-Michel Malavelle (en bas au centre) songe à prendre du recul pour profiter un peu plus des bonnes choses. (crédit: J-M. M.)

WH

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