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Ligue (exclusif) - Une ASSEMBLÉE EXTRAORDINAIRE déterminante le 5 MAI prochain

Mercredi 11 Avril 2018

Les clubs de Ligue et les représentants des clubs de district seront amenés à se prononcer sur la demande de révocation du Comité de Direction de la Ligue de Football d’Occitanie lors d’une assemblée générale extraordinaire à Fonsorbes. Selon l’issue du vote, ils pourraient être amenés à se prononcer dans la foulée sur la candidature de Guy Glaria au poste de Président ou à élire un nouveau comité lors d'une prochaine assemblée. Voici un nouveau point de situation. « LFO, ton univers impitoyable » : épisode 3. (par Gilius Galinierus)


On commence à y voir plus clair sur le calendrier des prochaines semaines. Voici un rappel des faits. Suite au décès du Président Maurice Martin en décembre dernier, c'est le Président délégué, Michel Charrançon, qui assure l’intérim à la tête de notre Ligue. Il a décidé de ne pas briguer le poste de numéro un qui doit normalement revenir au président du District du Gers, Guy Glaria, dont la candidature a été validée lors d'une séance du Comité de Direction le 17 février, au détriment de son homologue haut-garonnais, Jean-Claude Couailles, soutenu par les représentants de l'ex-Ligue du Languedoc-Roussillon. Le vote interne au Comité a été serré, on s’en souvient, et il a conduit les délégations de ces cinq districts contestataires (Haute-Garonne plus Aude, Gard-Lozère, Hérault, Pyrénées-Orientales) à demander la révocation du Comité de Direction au grand complet, comme le leur permettent les statuts, avant même que la candidature de Guy Glaria n'ait été soumise au vote de l'assemblée. Mais depuis ce 16 mars, date à laquelle un huissier a débarqué au siège social de la Ligue du Football d'Occitanie (LFO) à Montpellier pour signifier la demande de révocation, silence radio dans les deux « camps ». Les dépositaires n’ont pas développé leurs motivations, si ce n'est dans un communiqué de quelques lignes précisant qu’ils agissaient « dans l’intérêt des clubs », pour leur « donner la possibilité […] de s’exprimer ». En face, ni la Ligue ni la Fédération n’ont pris position sur cette démarche rarissime. On trouve juste trace d’une réaction publique de Michel Charrançon dans un article publié trois jours plus tard sur le site internet de France 3 Occitanie (lien vers l'article). Mauvaise retranscription du journaliste ou intox de la part du président par intérim ? En tout cas, il y fait état de la nécessité d’un « motif juridique pour révoquer le comité directeur » et indique que cet « aspect juridique » va être évoqué, alors que rien de tel n’est prévu dans les statuts. Il rappelle que, pour valablement délibérer sur la demande de révocation, les deux-tiers des clubs ou de leurs représentants (NDLR : soit 66,67%) devront être mobilisés lors de l'assemblée qui sera amenée à se prononcer, « ce qui n’est sans doute pas gagné pour ceux qui ont lancé cette initiative » précise-t-il, alors que ce quorum a été facilement atteint lors des premières assemblées de la LFO , comme à Narbonne (87,61%) ou encore à Castanet (83,18%). Dur dur de s’y retrouver pour le grand public !

Une réunion du comité de direction tendue samedi matin, une assemblée convoquée au pire moment

Près de deux cent quatre-vingt-dix clubs de Ligue seront convoqués en AG, les mille et quelques clubs de district seront eux représentés par des délégués (crédit: archives footpy)
Près de deux cent quatre-vingt-dix clubs de Ligue seront convoqués en AG, les mille et quelques clubs de district seront eux représentés par des délégués (crédit: archives footpy)
D’après certains observateurs, le vrai débat sur cette demande de révocation porte plus sur sa validité dans la forme, au regard de la nécessité d’être déposée par « le tiers des membres de l’assemblée représentant au moins le tiers des voix » (article 13-5 des statuts de la Ligue). Sans rentrer dans les détails, il est précisé dans les statuts que l’assemblée est composée d’une part des représentants des Clubs de Ligue et d’autre part des délégués représentant les Clubs de District élus par les assemblées générales des Districts (article 12-1-1). Autrement dit, s’il n’y a pas de doute sur le fait que les quarante délégués signataires sont bien porteurs du tiers des voix (autour de 40% même), représentent-ils bien le tiers des « membres » de l’assemblée ? Vaste débat qu’on vous épargne et qui semble avoir été indirectement tranché puisque l'assemblée extraordinaire sera bien convoquée… A moins d’un rebondissement d’ici là ou carrément le jour J ! En tout cas, samedi matin, il y a eu une réunion du Comité de Direction à Montpellier, la première depuis le dépôt de la demande de révocation, et ce point a été expédié en quelques minutes. On peut donc tout imaginer, d’autant que les convocations n’ont pas encore été envoyées et qu'il conviendra de les lire attentivement. Certes, en début de séance, le président historique d’un district midi-pyrénéen a tenté de jouer la carte de l’apaisement, pour que la demande de révocation soit abandonnée, mais comme on pouvait s’y attendre, cela n’a rien changé à la situation. A part quelques vifs échanges au cours de la réunion, il n’y a pas eu de débat sur le fond ou sur la forme à propos de la demande de révocation. Pourtant la réunion a été longue, avec beaucoup d’autres points discutés (comme les grandes lignes de la réforme des championnats de jeunes), et certaines personnes présentes nous ont confié que le climat a été sans surprise tendu. On notera, assez curieusement, qu’il n’y avait pas de représentant de la Ligue du Football Amateur ou de la Fédération Française de Football, alors que quelques semaines avant, notre Ligue était menacée de tutelle. Comment l’interpréter ? Tout se jouera donc lors d’une assemblée déterminante qui aura lieu à Fonsorbes, le 5 mai. Si la demande de révocation ne recueille pas la majorité absolue des suffrages, on ignore pour l’instant si l’ordre du jour va prévoir une mise au vote de la candidature de Guy Glaria au poste de président ou si cette question sera remise à plus tard.

Les uns et les autres vont-ils (enfin) sortir du bois pour nous présenter leurs idées ?

Les dépositaires de la demande de révocation ont fait une grande partie du chemin et n'ont plus qu'à mobiliser dix pour cent des clubs pour obtenir la majorité absolue (crédit: infographie footpy)
Les dépositaires de la demande de révocation ont fait une grande partie du chemin et n'ont plus qu'à mobiliser dix pour cent des clubs pour obtenir la majorité absolue (crédit: infographie footpy)
La date et le lieu choisis pour cette assemblée extraordinaire ne feront pas l’unanimité. Placée au début d’un mois chargé en ponts et jours fériés, elle tombera juste avant le « viaduc » du 8 mai et du jeudi de l’ascension le 10 mai. Et le même jour que la finale régionale U13 Pitch organisée à Canet en plus ! Le lieu, en plein cœur du district de Haute-Garonne, fief du chef de file des frondeurs, est lui aussi singulier. Malgré tout, on espère que les clubs de Ligue vont se mobiliser pour écouter les arguments des uns et des autres, et surtout trancher en connaissance de cause. Les clubs de district n’auront pas leur mot à dire puisqu’ils seront représentés par des délégués majoritairement issus des comités directeurs de leurs districts et qui devraient voter comme un seul homme en fonction des directives de leurs présidents, pas de suspense de ce côté-là. Mais les clubs de Ligue, eux, les seuls qui pourront directement s’exprimer et faire pencher la balance, ont envie d’avoir des informations et ils nous le disent. Car, dans l’histoire, on ne sait pas grand-chose des positions des différents protagonistes, c'est frustrant. Sur le terrain, les élus des deux camps tentent déjà depuis plusieurs semaines de mobiliser dans leurs départements, des réunions plus ou moins formelles ont même eu lieu avec des clubs de Ligue et les contacts téléphoniques s’intensifient. On espère juste qu’il ne faudra pas attendre le 5 mai pour qu’un débat de fond s’instaure et que les différents acteurs de ce conflit sortent du bois pour présenter leurs arguments officiellement aux clubs et à leurs représentants. Pourquoi vouloir renverser le Comité de Direction ? Pourquoi ne pas attendre les élections de 2020 ? Pourquoi n’avoir pas laissé l’assemblée se prononcer sur la candidature de Guy Glaria ? Pourquoi ce dernier s’est-il déclaré si tardivement candidat au poste de président et quel est son projet ? Quelle est la position des membres dits "indépendants" sur cette situation ? Quel est le programme des deux ans à venir pour le fonctionnement de la Ligue, que la révocation passe ou non, et plus généralement quelle politique est proposée pour les clubs ? Beaucoup de questions qui devront rapidement avoir des réponses si nos élus veulent éviter un ras-le-bol des clubs et qu'on ne résume la situation actuelle à une bataille d’égo.

Par GG

Guide pratique de l’assemblée générale extraordinaire :

L’assemblée générale extraordinaire, qui va être convoquée le 5 mai à Fonsorbes, devra se prononcer sur la demande de révocation du Comité de Direction. Pour qu'elle se tienne valablement, devront être présents ou représentés les deux tiers des membres de l'assemblée (c'est ce que l'on appelle le quorum). Il y aura alors un vote à bulletin secret et, pour être prononcée, la révocation devra recueillir la majorité absolue des suffrages exprimés des clubs présents ou représentés (soit la moitié des voix plus une). Deux hypothèses :

- soit la révocation est prononcée : le comité de direction est alors destitué et une nouvelle assemblée élective doit être tenue pour procéder à l'élection des vingt membres dits « indépendants » (puisque les présidents de district resteront membres quoi qu’il arrive) ; ils exerceront leurs fonctions jusqu’en 2020 ; entre l’assemblée du 5 mai et l’assemblée élective (maximum deux mois), la Ligue sera administrée par la (ou les) personne(s) désignée(s) par l’assemblée qui sera (sont) en charge des affaires courantes ;

soit la révocation n'est pas prononcée : le comité de direction reste alors en place et propose la candidature de Guy Glaria pour devenir président (soit lors de l’assemblée du 5 mai, ce qui semble être préconisé par la FFF, soit lors d’une assemblée ultérieure) ; si la candidature de Guy Glaria ne recueille pas la majorité absolue des suffrages exprimés par les membres présents ou représentés, le Comité de Direction proposera un nouveau candidat lors de l’Assemblée Générale suivante.


Gilius Galinierus

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