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N2 - Flo AIT-ALI (Colomiers) : "J'ai eu cette période quand j'étais plus jeune où j'étais con et irresponsable..."

Vendredi 17 Mai 2019

Ayant vécu une dernière année somptueuse avec l'US Pibrac, l'ancien gardien revient pour nous sur son parcours et ce qui fait sa passion pour le ballon rond


Ça va faire une saison que tu as raccroché les crampons, est-ce que ça ne te manque pas ?
Pour le moment ça ne me manque pas. J'ai pas mal de travail au sein de mon entreprise, sans oublier mon poste de secrétaire général à l'US Colomiers. Ça me prend beaucoup de temps, notamment lors des périodes estivales avec la mise en place de la saison suivante.

Après de bonnes années à ton actif, tu as raccroché les crampons. Revenons sur ta carrière. Qu'est-ce qui t'a prédisposé pour le poste de gardien malgré le handicap de la taille ?
Le football d'aujourd'hui fait que l'on va chercher des gardiens qui font 1m85 et sont très solides. On voit des gardiens à des tailles plus petites qui confirment cependant. Ce qui fait la différence, c'est le mental. Ma taille ne m'a jamais empêché d'aller au combat dans les airs avec des plus grands même en National. Je me souviens justement d'une anecdote pour mon premier match en National. Romuald, l'entraîneur des gardiens me demande comment j'envisage le jeu aérien. Je lui réponds « regardes le premier duel et après je vais me rendre le match tranquille. » (rires) Au premier duel, j'y suis allé, j'ai tout envoyé sur mon passage. Après se faire respecter dans les airs que l'on mesure 1m75 ou 1m85, ce qui va compenser c'est le mental et l'envie de gagner son duel par rapport à l'autre. Il n'y a pas de secrets. Après si, le secret c'est qu'aux Chamois Niortais, j'ai beaucoup travaillé sur ma détente. Il fallait bien compenser (rires). Nous avions beaucoup d'entraînements pour essayer de gommer ce petit handicap.

Tu n'aurais pas préféré évoluer à un autre poste ?
J'ai été avant-centre jusqu'à l'âge de 13 ans mais pas du tout franchement. Ça m'a servi de sentir ce que pouvait faire l'attaquant. J'aime la responsabilité du poste de gardien. C'est un poste où l'on joue presque autant avec les pieds. Dans un match, on a 2-3 arrêts à faire c'est tout. Les équipes qui repartent de derrière ont besoin d'un gardien qui sache jouer avec ces pieds ! Pour moi c'est le poste le plus complet dans une équipe.

Dans les années à venir, aimerais-tu prendre plus de poids dans le foot, comme coach par exemple ?
Ça a toujours été une réflexion pour moi. J'ai eu la chance de passer mes premiers diplômes lorsque j'étais eu centre de formation des Chamois Niortais. Ça a toujours été dans un coin de ma tête, après je dirais que c'est le temps qui me manque en dehors. C'est surtout ça qui va me freiner. On s'en aperçoit tant dans notre football régional que dans les quatre coins de la France, les postes de coach se professionnalisent. Ça demande beaucoup de temps et de la préparation. Ce n'est plus simplement on pose trois plots sur le terrain et on s'entraîne. C'est énormément de préparation en amont. Du coup ça prendrait également énormément de temps et c'est ce qui fait qu'actuellement ce n'est pas d'actualité.

A aujourd'hui au même titre qu'un Kalfon, Trévisan, Bernardi, Deneys, Lavigne, Guissepin, Helard, Fenech, Garcia, Rigaud... Flo Ait-Ali aura marqué de son empreinte le poste de gardien de but amateur dans notre région.
A aujourd'hui au même titre qu'un Kalfon, Trévisan, Bernardi, Deneys, Lavigne, Guissepin, Helard, Fenech, Garcia, Rigaud... Flo Ait-Ali aura marqué de son empreinte le poste de gardien de but amateur dans notre région.

"Les joueurs qui viennent à Colomiers savent qu'ils ne seront pas les mieux payés de la région. Par contre, ils auront un projet de jeu, et de vie et nous les accompagnons là-dedans."

Tu as du vivre de superbes moment et rencontre du beau monde dans ta carrière de football non ?
J'ai eu la chance de faire vraiment peu de club, je sais que maintenant ce n'est plus trop le cas. Je suis assez fidèle aux gens qui m'ont fait confiance. L'école de foot columérine m'a appris les bases du football. Des entraîneurs comme Daniel Lacroix, Léon Maillard, ou Sébastien Gelis sont des personnes importantes qui ont fait de moi un footballeur, mais aussi un petit citoyen et c'est important. À Balma, j'ai passé une saison très importante personnellement. C'est là que j'ai été repéré par les Chamois Niortais. Du coup vers mes 14-15 ans je suis parti chez eux. J'ai également réalisé de très belles rencontres notamment au niveau du staff. J'ai été coaché par Pascal Gastien, un très grand joueur passé par l'OM. J'ai pu rencontrer des joueurs comme Christophe Marichez qui sont encore dans le football professionnel actuellement. Sur le plan humain, j'ai joué avec Christophe Jallet, Stéphane Biakolo, Emerick Darbelet. J'ai eu la chance de rencontrer des très bons joueurs qui ont fait une très belle carrière et avec eux on apprend tous les jours. Malheureusement après ma première saison en pro, Niort descend en National, du coup je n'ai pas été prolongé. J'ai également eu la chance d'être international algérien en -20 ans de par les origines de mon papa. Ce sont vraiment de très bons moments. Voyager grâce au football, c'est tout simplement magnifique.

Ça n'a pas été difficile le retour au monde amateur après avoir côtoyer les pros ?
Je suis revenu en amateur avec les entraînements après le boulot. Mais à Colomiers, j'ai été dans un groupe fantastique, nous sommes montés de DH jusqu'en National quand même. Pour connaître une longévité aussi importante en National et CFA dans la région, à part Luzenac, dans la région il n'y en a pas. Ça prouve que l'on a fait du bon boulot sur le terrain. Franchement, nous avons eu du beau monde et c'est un club auquel on s'attache, notamment du fait qu'il n'y ait pas beaucoup de moyens. Mon poste actuel au sein du club me permet de continuer à véhiculer ces valeurs-là. Les joueurs qui viennent à Colomiers savent qu'ils ne seront pas les mieux payés de la région. Par contre, ils auront un projet de jeu, et de vie et nous les accompagnons là-dedans.

Et comment juges-tu ton final à Pibrac ?
J'ai fini avec une parenthèse pibracaise qui en seulement trois ans m'a beaucoup marqué. Je pensais terminer à Colomiers et ça devait se passer comme ça. Mais Giuseppe et Jean-René m'ont appelé et ça a fait changé les choses. J'ai vécu en trois ans une expérience qui je pense en vaut le double. Sur le plan humain, tout ce qui se passe à Pibrac, c'est puissance 10. Il n'y a rien, pas d'infrastructures ni d'argent et du coup ce n'est que de l'entraide entre joueur et c'est clairement une bande de copains. Je suis vraiment fier d'eux et de ce qu'ils ont fait dans ce championnat de R1.

Colomiers et Pibrac ce sont des équipes que tu vois évoluer encore dans le futur ?
Même si j'en ai l'envie et que je le souhaite pour Pibrac, je ne pense pas. Nous sommes allés très vite en fait de PH (R3) en DH (R1) en trois ans alors que ça faisait des années que nous étions en PH. Derrière c'est toute une structure qu'il faut. L'avantage de Colomiers ce que nous y sommes allés step by step. Du coup, en y allant marche après marche, ça nous permet de monter et de structurer. Il y a un énorme travail au sein de l'école de foot pour avoir ensuite un vivier très intéressant de jeunes. Nous formons ces jeunes joueurs en espérant qu'ils signent dans des clubs pros tout en gardant un lien avec eux pour un possible retour comme j'ai pu le faire moi-même. J'ai commencé en formation jusqu'à aller en Ligue 2 et finalement le lien n'a jamais été rompu. Je suis revenu à Colomiers alors que j'avais des propositions d'autres clubs qui évoluaient en CFA2 alors que l'USC était en DH à l'époque. Je vois donc davantage Colomiers monter et pérenniser le club comme il se doit. L'erreur que nous avons faite en montant en National, c'est que nous n'avons pas pérenniser le club comme il faut en dessous. Du coup c'était tellement fragile qu'à un moment donné, nous sommes redescendus. Ça nous a servi de leçon et c'est la différence entre Pibrac et Colomiers.

La page joueur est tournée mais le garçon reste tout autant passionné et ambitieux dans ses nouvelles fonctions au sein de l'USC
La page joueur est tournée mais le garçon reste tout autant passionné et ambitieux dans ses nouvelles fonctions au sein de l'USC

"Pas de mécène qui va faire venir des joueurs avec des gros chèques sur la table"

L'objectif Ligue 2 semble faisable pour Colomiers selon toi ?
Je pense que c'est trop tôt pour le dire. Ce n'est pas l'idée de la maison de s'enflammer. On peut rêver et se projeter. Actuellement nous voulons bien figurer en CFA pour pourquoi pas monter par la suite en National. De là, nous verrions pour pérenniser le club en National pour ensuite viser le haut du tableau. L'exemple à suivre pour moi c'est Rodez. Ils ont passé quelques années en CFA pour finalement monter en National. L'année dernière, leur saison c'était une surprise, mais au final ça ne l'était pas tant que ça vu qu'ils sont champions cette année. Ils pérennisent ce qu'ils font et se structurent pour cela.

Le parfait exemple de pérennisation de Colomiers c'est l'évolution de son équipe réserve en R1 ?
C'était effectivement une volonté de faire monter l'équipe réserve à ce niveau. C'est également une volonté de faire monter l'équipe 3, ou qu'elle joue les premiers rôles pour également monter. Plus nous auront des équipes seniors à des niveaux élevés, ça nous permettra de former les plus jeunes pour les faire monter rapidement et les inscrire dans un projet global de club pour qu'ils restent et alimentent l'équipe première. Nous n'avons pas de mécènes qui va faire venir des joueurs avec des gros chèques sur la table. Ce n'est pas notre souhait. Si un mécène veut venir il n'y a pas de soucis (rires) mais nous géreront ceci en bon père de famille et en structurant les choses. Aujourd'hui 80% de l'équipe première est passé par les équipes jeunes du club. C'est super important. J'en ai eu plein. J'ai eu la chance de faire six montées en tout. La plus belle montée restera celle de CFA en National avec Colomiers. Là il n'y en a qu'un et on se retrouve face à des clubs beaucoup plus armés que nous. C'était vraiment énorme. Après, les montées avec Pibrac ont une saveur particulière. Du fait des moyens très limités et de l'entraide que l'on avait. Toutes les montées sont excellentes. Monter aux penaltys de DH à CFA2 à domicile c'était vraiment important. Finalement, mes plus beaux souvenirs je dirais que c'étaient mes rencontres avec des coéquipiers, des staffs, et des personnes exceptionnels. Le football a cette faculté de créer beaucoup de lien entre les joueurs. Si on le rend bien, on s'aperçoit que ce sont des amitiés qui peuvent perdurer.

Et sinon le pire souvenir ?
C'est la descente de National. J'ai pour habitude de dire que si l'on a pas eu ce que l'on voulait c'est que l'on n'a pas fait ce qu'il fallait. Après oui la descente de National au championnat de CFA était difficile. Après j'ai le regret de ne pas avoir atteint un 1/32è de Coupe de France avec Colomiers. Je l'ai vécu en tant que secrétaire général, mais ça n'appartient qu'aux joueurs.

Quelles sont les valeurs que tu défendais sur le terrain ?
J'ai eu cette période quand j'étais plus jeune où j'étais con et irresponsable. Mais au final, je me suis aperçu que lorsque l'on reste humble et courtois dans les victoires c'est là que l'on tire la quintessence de ce sport. C'est dans ces valeurs de partage que l'on va progresser.

Par Le Lensois


Le Lensois

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