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R1 Féminines - Muriel SAMSON (Léguevin) : « Il faut pardonner au football ses travers et ses excès »

Vendredi 28 Juin 2019

Capitaine de l'équipe féminine de l'US Léguevin, Muriel a toujours eu un profil sportif. Attirée depuis toujours par le football, elle est aujourd'hui une sportive comblée au sein de son club. Son parcours casse un peu les clichés et montre que féminines et masculins devraient être sur un pied d'égalité dans le sport. Elle est l'une des premières supportrices des Bleues pour la Coupe du Monde de football féminin (comme toute la rédaction Footpy) (par Le Lensois).



Pouvez-vous d'abord décrire votre parcours dans le football, quand est-ce que vous avez commencé ?
J’ai toujours joué au football dans le quartier où j’ai grandi en région parisienne, mais sans jamais intégrer un club, en raison d’une réticence paternelle à une époque où le football féminin n’était pas aussi développé qu’aujourd’hui. Lors de mes études en STAPS, j’ai eu l’opportunité d’entrer dans le monde footballistique fédéral, mais je ne l’ai pas saisie car j’avais pris une autre direction en pratiquant le triathlon intensément et je n’étais pas prête à abandonner ce sport.
 
Comment avez-vous finalement réussi à rebondir dans le football ?
C’est bien plus tard, à l’âge de 25 ans. J’ai réalisé un rêve d’enfant en prenant ma première licence de football à la VGA Saint Maur en région parisienne. J’ai joué une saison puis je suis tombée enceinte de ma fille et j’ai migré vers la région toulousaine. J’ai repris 6 mois après la naissance de ma fille à Muret, mais je me suis blessée assez gravement très rapidement. Après quelques saisons de natation, l’appel du football était trop important, j’ai repris en 2014 d’abord à Aussonne puis depuis 2016 à Léguevin.
 
Vous parlez de l'appel du football. Qu'est-ce que ce sport représente pour vous ?
Le football est un jeu avant tout, et c’est ce qui fait la différence avec tous les autres sports que j’avais pratiqués avant (athlétisme, natation, triathlon). L’aspect ludique est vraiment important pour moi, tout comme la dimension collective. C’est un sport très fédérateur, il réunit aisément des gens d’horizons très différents et c’est le seul à déclencher de telles passions. C’est pourquoi il faut lui pardonner ses travers et ses excès !

Quelle est votre philosophie sur le terrain ?
J’essaie vraiment de développer la notion de plaisir, le fait d’être ensemble sur un terrain pour pratiquer un sport que l’on aime et pour lequel on s’entraîne, au prix parfois de quelques sacrifices. Je suis plus proche de la retraite que n’importe quelle fille de mon équipe, ainsi, je sens peut être mieux l'importance de vivre ensemble. J’essaie toujours de ne pas tricher en donnant le maximum sur le terrain et j’attends la même chose de chacune de mes coéquipières. J’aime quand nous réussissons à développer du jeu dans un esprit sportif sain.
Les dirigeants du club soutiennent énormément les joueuses jour après jour ...
Les dirigeants du club soutiennent énormément les joueuses jour après jour ...

« Il y a vraiment un sentiment d'appartenance à ce club »

Comment vous sentez-vous à Léguevin ?
Je me suis très vite sentie bien à Léguevin, des filles sont présentes au club depuis très longtemps et elles m’ont accueillies chaleureusement à mon arrivée. Nous formons un groupe qui aime évoluer ensemble, sur le terrain et en dehors, il y a beaucoup d’amitié entre nous et nous nous réjouissons des réussites des unes et des autres dans tous les domaines de la vie. Il y a vraiment un sentiment d’appartenance à ce club. Beaucoup de joueuses sont investies dans l’école de foot en tant que coach par exemple.

 
Et votre brassard de capitaine, que vous inspire-t-il ?
Mon brassard de capitaine me procure beaucoup de fierté car ce groupe est vraiment en or. J’essaie d’être un lien entre le staff et les joueuses, d’être disponible pour toute discussion et de trouver les mots justes pour que chacune amène sa pierre à l’édifice. Il m’engage aussi, en plus de mon âge, à prendre le temps de la réflexion et de l’écoute et à adopter une attitude la plus exemplaire possible. Ce rôle m’est rendu facile par la disponibilité des coachs et leurs ouvertures à la discussion mais aussi par les joueuses qui sont exceptionnellement investies.
 
Comment jugez-vous la progression de votre section féminine dans le club ?
Léguevin a joué en niveau district puis a longtemps évolué en PH. La montée en R1 a été le Graal pour notre club qui reste un des petits poucets de ce championnat, où évoluent des gosses écuries avec notamment les réserves du TFC, d’ Albi, de Montauban et de Rodez. L’arrivée de Mikaël Joubioux à la tête de l’équipe a apporté une rigueur indispensable à ce niveau de pratique.
 
Vous avez connu un essor rapide ces derniers temps tout de même...
Oui, la section a pris de l’ampleur et depuis quelques années, une équipe de jeunes en U18 a été monté. Nous sommes conscients qu’il nous faut réussir à faire venir beaucoup de jeunes filles au club afin de créer une véritable dynamique féminine. Notre position géographique n’est pas toujours évidente, en effet, le fait que le stade ne soit pas desservi par des transports en commun ne rend pas forcément le club attractif pour les adolescentes ou les jeunes adultes.
 
Voyez-vous une cohésion avec notamment la section masculine ?
Nous avons la chance de pouvoir compter régulièrement dans les tribunes sur le soutien de plusieurs joueurs des équipes seniors masculines et le club déploie des efforts importants pour la section féminine. Nous nous sentons entourées et aimées au sein du club !

... Mais ils n'hésitent pas à faire appel au romantisme dont ils sont capable pour choyer ces dames
... Mais ils n'hésitent pas à faire appel au romantisme dont ils sont capable pour choyer ces dames


« Le foot féminin connaît une ascension fulgurante en France »

Souvent les coachs en féminines évoques les difficultés des joueuses au quotidien pour allier leur vie de maman et leur vie de footballeuse, quel est votre avis sur la question ?
Effectivement, nous sommes quelques-unes à être maman au sein de l’équipe et cela demande une organisation de chaque instant pour maintenir un investissement important sans dégrader la vie familiale. Aller à un entraînement ou se déplacer en match le week-end demande parfois en amont une logistique importante. Pour ma part, j’ai la chance d’avoir un conjoint qui me soutient énormément dans ma pratique sportive ce qui me facilite grandement la tâche. Cependant, toutes les joueuses ont des contraintes importantes entre études, travail et vie de famille. Beaucoup de nos joueuses travaillent en horaires décalées et j’ai beaucoup d’estime pour elles car malgré des semaines de nuit ou de travail à des horaires très matinales, elles sont présentes aux entraînements le plus possible et avec une bonne humeur communicative.
 
Quel œil portez-vous sur le football féminin en France ?
Le football féminin connaît une ascension fulgurante en France et les avis à son égard évoluent franchement. Il n’est plus ni confidentiel ni anecdotique. Les diffusions à la télé apportent une bonne connaissance du championnat de France et des Bleues. Je sais que beaucoup de personnes sont surpris par le niveau de jeu, l’engagement des filles et l’état d’esprit qui règne à haut niveau. Les connaisseurs prennent beaucoup de plaisir à regarder le foot féminin, qui a beaucoup d’atouts.
 
Un petit prono pour la Coupe du Monde ?
Forcément, les Bleues ! Ce sera compliqué mais je pense que ça serait amplement mérité au vu des dernières années et des dernières grandes compétitions. Et cela mettrait un nouveau coup d’accélérateur à ce sport qui le mérite tellement !

Le Lensois (lelensois@footpy.fr)

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