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R2 - Gilles BONZOM (Saint-Orens) : « Dans le sport, si vous n'avez pas d'humilité, vous passez tôt ou tard à la trappe »

Samedi 6 Avril 2019

Directeur sportif du club depuis cette saison, Gilles Bonzom est ravi du résultat de l'équipe une, leader de sa poule. Il faut dire que ses gars reviennent de loin après avoir évité de peu la sanction de la descente en R3 la saison dernière.


Cet été déjà, vous me l'aviez annoncé que Saint-Orens pouvait être une belle surprise. Mais est-ce que vous vous attendiez à une si belle position ?
Bien sûr que non, il faut être humble. Mais je ne suis pas surpris des résultats parce que nous avons un groupe qui vit très bien, qui est sain et travaille beaucoup. Il y a une présence très importante aux entraînements. À partir de là, nous avons tous les éléments pour bien figurer. C'est également dû au travail des coachs. Guillaume (Balagué) et Anthony (Lafont) nous ont apporté un très gros travail et du coup les garçons se sentent en permanence impliqués. Nous avons un effectif assez tournant ce qui amène une concurrence saine. De telles bases saines nous facilitent clairement les choses.

Les nouvelles structures du club, comme votre nomination en tant que directeur sportif, ne sont-elles pas un facteur de cette belle saison ?
Depuis pas mal d'années, le club de Saint-Orens est sain. C'est un club avec des structures familiales. Nous sommes toujours dans l'esprit de l'amateurisme à cent pour cent. Il n'y a pas d'argent. Comme le dit le président, les primes de match, ce sont les repas du jeudi soir ou d'après-match. Lors des réceptions des équipes visiteuses, nous les recevons avec le corps arbitral façon troisième mi-temps. Ça a toujours existé. Quand Sète est venu en Coupe de France au septième tour, par la suite, ils nous ont invité à tous leurs matchs dans cette compétition jusqu'à leur sortie contre Lille au neuvième tour.

Quels ont été les facteurs de votre réussite ?
Nous avons bien commencé la saison et derrière, la confiance est arrivée. Tout le monde s'est pris au jeu. Comme je le clamais la saison dernière, il me tardait que la saison se termine et que commence celle ci car j'étais convaincu que nous allions être une belle surprise. Je ne sais pas encore où nous finirons car il reste cinq matchs, mais le plus beau reste à venir.

Comment justifiez-vous un tel changement par rapport aux résultats de la saison passée où vous vous sauvez sur le fil ?
L'année dernière, c'était une saison particulière. Il y avait des erreurs de casting qui ont été faites avec des joueurs qui sont arrivés et un coach qui a arrêté à mi-saison. C'était un mauvais concours de circonstance. Au final lorsque l'on regarde le groupe cette année, nous n'avons perdu aucun joueur par rapport à la saison dernière. Nous nous sommes simplement séparés des joueurs que nous ne voulions pas garder. Sinon c'est le même groupe qu'il y a trois ans, à quelques éléments prêt. L'année dernière, nous avons payé une mauvaise gestion du groupe.

Ce n'est plus le cas cette saison ?
Guillaume a l'expérience et le vécu. C'est un mec qui sait parler aux joueurs. Le challenge n'était pas évident à lui vendre pour le faire venir sachant qu'il avait d'autres sollicitations. Quand vous vous sauvez avec quatre ou cinq victoires dans la saison l'année dernière, ce n'est pas simple pour un coach de nous dire « je te fais confiance ». Il m'a fait confiance car nous nous connaissons, je l'ai eu comme coach à Balma quand il jouait. Après, nous avons habillé un peu le sapin en prenant quelques joueurs qui nous intéressaient, et nous ne nous sommes pas trompés.


À quelques journées de la fin de la saison, la montée est-elle prioritaire ?
Aujourd'hui, l'objectif c'est de finir correctement la saison avec toujours autant d'humilité à travers du jeu et en prenant du plaisir. Nous essayons de faire du jeu, et non de balancer des coups de pompe devant. Je pense qu'avec Lourdes, nous faisons partie des équipes qui jouent le plus. C'est le ressenti de beaucoup d'équipes adverses.

À cinq matchs de la fin, la montée vous est davantage favorable qu'à Revel, du coup est-ce que vous préparez déjà une éventuelle évolution en R1 pour la saison prochaine ?
Bien sûr. Déjà, nous avons fait l'état des lieux des garçons avec l'idée de garder ce que l'on a. C'est le meilleur recrutement et c'est en train d'être validé. Après nous allons avoir quelques arrêts notamment Romain Gracia ou Youssef qui vont arrêter comme ils ont trente quatre et trente-cinq ans. Ce sont deux gros cadres qui vont arrêter. À nous de cibler certains profils pour les remplacer. Nous sommes en plein dedans. Il n'y aura pas de révolution. Ce n'est pas parce que nous sommes un potentiel futur candidat à la R1 que le club va changer. Des profils ont été ciblés et ils correspondent à la philosophie du club, sans fixe déjà. Nous préférons investir dans l'école de football, la préformation, du matériel. Là nous avons acheté des minibus qui sont propres au club. Nous sommes tout de même l'un des plus petits budgets, comparé à Foix ou Revel.

Après, des clubs l'ont prouvé par le passé, il n'est pas nécessaire d'avoir un investisseur qatari pour faire tourner un club...
Non c'est sûr. Après il faut savoir ce que l'on veut. C'est sûr que nous ne jouerons pas une montée en N3. Globalement, si nous sommes sérieux, je pense que nous pouvons asseoir dans les années à venir le club en R1. Il ne faut pas oublier d'où l'on vient et comment nous y sommes arrivés en restant humbles. L'exemple typique c'est le RC Strasbourg qui était en CFA2 il y a quelques années et maintenant emporte la coupe de la Ligue. Il ne faut pas brûler les étapes en sortant la planche à billet. Nous le voyons avec le PSG, ils sortent la planche à billet mais ne seront pas champion d'Europe encore et ils ne sont pas prêts de l'être. À l'inverse, on peut le voir avec le Stade Toulousain en rugby. Ils sont repartis sur des bases saines en faisant travailler des jeunes. Dans le sport, si vous n'avez pas d'humilité, vous passez tôt ou tard à la trappe.

Ambitionnez-vous d'autres prestations pour le club ?
L'objectif c'est de faire monter l'équipe deux. Il nous faut réduire ce fossé énorme entre l'équipe une et la réserve. Actuellement, nous sommes deuxième de D3 mais c'est compliqué. Après, j'ai fait un choix fort l'année dernière, je ne veux pas de recrutement pour l'équipe deux. Je préfère que nous fassions bosser des U19 pour leur permettre de se faire les dents et de s'asseoir au niveau senior. À partir de là, nous formerons une identité club. Pour l'instant nous sommes dans le coup comme ce sont les deux premiers qui montent. Il reste quatre matchs à jouer et toutes les équipes se rencontrent et nous aussi. C'est celui qui lâchera le moins de points qui sera dans le coup.

La montée semble davantage dans vos bras pour l'équipe une du coup...
Avec l'équipe une, nous sommes plus dans les clous. C'est le premier qui monte, et les deux meilleurs deuxièmes de R2 voir les trois meilleurs avec la probable descente de Tarbes de N3, et donc de sa réserve de R1. Nous avons également la chance que le troisième de notre poule ne peut pas monter car c'est l'équipe réserve de Lourdes et leur équipe une est en R1. Foix est quatrième et il est loin. La fin de saison risque d'être longue pour eux. Ils avaient mis les moyens pour monter, notamment avec leur chaîne de télé, c'est un peu le PSG de notre poule. Ils ont une très grosse équipe, avec de grands noms, mais ça n'a pas pris.

Gilles Bonzom un rouage important de la réussite des "rouge et noir"
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