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R3 - Olivier HERNANDEZ (Castelnau d'Estretefonds) : "Je suis là pour le présent et peut-être pour le futur."

Dimanche 3 Février 2019

Il est toujours bon de voir d'anciens joueurs embrasser la carrière d'entraîneur ou d'éducateur pour transmettre leur compétence, leur plaisir mais aussi leur passion. Chose que fait à merveille l'ancien gardien de but et actuel coach de Olivier Hernandez dit Bouba pour les intimes. Rencontre avec l'actuel homme providentiel de Castelnau d'Estretefonds....


Olivier débute le football dès l’âge de six ans. Il fut amené par son grand-père, fan du F.C de Barcelone au TFC. Il se retrouve ensuite en pupille à la JET Bonhoure avec comme il dit un «certain Jean-Pierre Bonnet». Où il se retrouve dans la sélection du district Toulousain et remporte le Tournoi International de la Rochelle (avec la présence de plusieurs clubs professionnels français et étrangers). En minimes il rejoint l’ASCU St Jo au plus haut niveau ligue. Il sera dans cette catégorie retenue en sélection de ligue (Midi-Pyrénées) et en sélection district avec laquelle il sera Champion et remportera pendant ces deux années de minime le Festival des Violettes (organisé par l’incontournable René Macias). En cadets toujours avec l’ASCU St Jo (niveau ligue) il participera avec la sélection Midi Pyrénées au tournoi final à Vichy, ainsi qu’avec la sélection départementale pour un nouveau titre de Champion et fait rarissime une troisième victoire au Festival des Violettes. Junior 1ére année toujours avec St Jo (niveau ligue) où il atteindra les 32éme de finale en Gambardella face aux Girondins de Bordeaux. Junior 2éme année il s’expatrie à l’U.S Colomiers (niveau ligue) où il participera également à un 32éme de finale Gambardella contre Montpellier Hérault et obtiendra cette année là son premier titre de Champion de France UNSS avec le Lycée Polyvalent du Mirail. Junior 3éme année il participe à 6 matches avec l’équipe 1 senior de Colomiers en DH et participe à la montée de la réserve de PH en DHR et obtient son 2éme titre de Champion de France avec le Lycée Polyvalent du Mirail. Une fois seniors, moins de titre, mais beaucoup de régularité et de fiabilité, sa marque de fabrique. Quatre saisons en PH avec l’ASPPT de Toulouse, quatre saisons en DHR avec Fonsorbes et huit saisons en PH avec Lavernose-Lherm où il mettra un terme à sa carrière de joueur à 38 ans.

Dernier entraîneur du mythique Toulouse Fontaines !

Son parcours d’entraîneur débuta en étant l’entraîneur des gardiens à Muret en DH et parallèlement adjoint de Cyrille Carriere avec une montée en CFA2.  Ensuite il fait un retour à l’AS Lavernose-Lherm pendant trois saisons en PH. Il fait un crochet par Cazères qu’il entraîne pendant une saison en DHR. Passage d’une saison au Toulouse Fontaines en DHR où il aura la particularité d’avoir été le dernier entraîneur de ce club mythique aujourd’hui disparu. Il part une saison à l’US Salies-Mane en PH où il en profitera pour obtenir le B.E.F. Il passe une année sabbatique pour recharger les accus (bien lui en pris) puisque en reprenant cette saison avec ASCE Castelnau, il est à la trêve largement en tête et peut envisager sa première montée en tant qu’entraîneur principal. Il me serait agréable de voir un mec bien comme Olivier réussir.

A son époque Columérine, ici en Gambardella contre Montpellier
A son époque Columérine, ici en Gambardella contre Montpellier

"Il y a dans les clubs des bénévoles qui travaillent dur pour pouvoir rémunérer leur entraîneur, c’est en général, le plus gros budget du club. J’estime donc que si l’entraîneur n’est pas à 200%, il doit se retirer."

Ton arrivée à Castelnau après une année sabbatique, comment s’est-elle passée et qui l’a provoquée ?
Ce fut un pur hasard. En ayant revu le papa de Romain Bourdeaux que j’avais entraîné en tant que gardien de but lorsque je jouais à Fonsorbes et avec qui j’avais toujours eu de bonnes relations. Nous nous sommes revus au cours d’un match de fin de saison à Pibrac. Ce contact au départ étant pour la R2. Lorsque je suis arrivé dans le groupe avec mon adjoint Florian Feucht, j’ai fait trois séances courant juin durant lesquelles tout s’est très bien passé. J’ai donc donné mon accord dès la seconde séance. L’accueil par les dirigeants et le bureau dynamique ainsi que par les joueurs a été chaleureux, il n’y a eu aucun problème d’intégration.

Castelnau est un club vu de l’extérieur assez fermé, quelle a été ton constat personnel à ton arrivée, surpris, en bien, en mal ?
Je ne trouve pas que le club soit renfermé sur lui-même. Le bureau est jeune et dynamique, se connaît très bien, échange et partage beaucoup. L’intégration s’est très bien passée, plus naturellement que dans certains clubs que j’ai déjà fréquentés.

Si on peut dire qu’au niveau de ta carrière de joueur tu as été relativement fidèle (période longue) en ce qui te concerne en tant qu’entraîneur mis à part à Lavernose (3ans) tu n’as fait que des passages éclairs. Envisages-tu de te stabiliser dans ton nouveau club, de faire un travail sur du long terme, alors que tes prédécesseurs n’ont jamais duré longtemps ?
En ce qui concerne mes prédécesseurs, le passé leur appartient. Je suis là pour le présent et peut-être pour le futur. Le président n’est arrivé qu’en 2017, si mes souvenirs sont exacts. En tant que joueur, effectivement, je recherchais le plaisir de jouer, mais en tant qu’entraîneur, je me positionne davantage dans la transmission et je m’efforce de donner le maximum à chaque saison. Si je n’ai pas les moyens ni la possibilité de faire mieux l’année suivante, ou si l’envie d’investissement n’est plus la même, je préfère travailler sur un autre projet ou décompresser. Il y a dans les clubs des bénévoles qui travaillent dur pour pouvoir rémunérer leur entraîneur, c’est en général, le plus gros budget du club. J’estime donc que si l’entraîneur n’est pas à 200%, il doit se retirer. Je perçois le travail d’entraîneur comme un « CDD » renouvelable. Il n’y a que les clubs dans lequel on a grandi, où l’on a longtemps joué qui peut conserver un entraîneur sur le long terme et peut être avoir une autre fonction, en sachant qu’au bout de 3 à 4 saisons, il est important de changer le message venant du coach.

A propos de ton club justement après avoir fait parfois de bon début de saison, il a toujours manqué quelque chose pour aller au bout, penses-tu que tu vas enfin être l’homme providentiel tant attendu ?
A part la toute fin de saison dernière, je n’ai pas suivi la vie du club. Je constate simplement qu’il y a eu beaucoup de départs. Nous sommes aujourd’hui un peu handicapé avec seulement quatre mutés pour cette saison. J’intègre cependant beaucoup de jeunes joueurs avec un groupe composé de douze joueurs séniors qui s’entraînent, contrairement au reste de l’effectif qui ne possède pas cette culture de l’entraînement. Dès les catégories de jeunes, nous devons lancer le signal : si on ne s’entraîne pas, on ne joue pas ! (et non l’inverse). Nous faisons face à un problème de terrains : le club possède aujourd’hui plus de 400 licenciés et ne dispose que de trois terrains. Il n’est pas évident de trouver des solutions hivernales étant donné qu’un terrain sur les trois est impraticable dans cette période. Il faudrait que le club puisse investir sur un synthétique, qui est un projet dépendant de la municipalité. A titre personnel, je me concentre sur le travail à 200%, j’essaie d’attirer le plus de monde possible à mes séances et je m’efforce d’avoir les meilleurs résultats possibles sur la durée. Pour l’instant, la question de notre futur ne se pose pas, nous échangerons avec le bureau fin mars, début avril. L’équipe est en reconstruction, la moyenne d’âge n’est pas élevée et il y a peu d’apports extérieurs  sur le nombre de mutés. Les bons résultats contribuent forcément à une certaine dynamique, qui fait suite au choc de la non-montée en fin de saison dernière, subi par tous les acteurs du club. C’était une situation délicate et très regrettable et j’ai d’ailleurs une pensée pour mes prédécesseurs. Mais il s’agit aujourd’hui d’une nouvelle saison !


"Le problème du club est plutôt l’absence de tremplin entre les U19 et l’équipe première."

En dehors de ton rôle d’entraîneur de l’équipe 1, joues-tu un rôle dans le club au niveau des seniors en général, voir des jeunes ?
Concernant mon rôle dans le club, je partage beaucoup avec Christophe Fernandes, qui fait un bon travail avec la réserve, en faisant monter sa génération  U19, avec une dizaine de séniors première année, si je ne me trompe pas. J’essaie d’aller voir assez souvent cette équipe, car c’est un groupe à fort potentiel (comme l’année précédente) avec des joueurs qui ont une vraie « identité club ». Castelnau travaille beaucoup sur ce point, car avec peu de moyens financiers il est important d’avoir un œil sur les U19 et même sur les U16, car les éducateurs de cette catégorie sont joueurs séniors, nous échangeons donc beaucoup entre nous.

Ton club d’aujourd’hui est assez méconnu de l’extérieur, comment se passe le quotidien avec tes dirigeants et l’ensemble des composantes, ressens-tu de l’ambition en son sein ?
Mes dirigeants forment un jeune bureau de 3 ou 4 personnes très dynamiques, qui ont su nous montrer leur implication et leur motivation, ce qui nous a aussi convaincu à venir au club. C’est ensuite un groupe de personnes qui pourrait encore jouer, comme Pierre ou Romain, mais il est difficile de s’investir sur plusieurs niveaux. L’ambition est présente indéniablement, mais on ne peut pas avoir les qualités de la jeunesse sans ses défauts. Dans les prochaines années, si la municipalité soutient le  club de Castelnau et grâce notamment à son positionnement géographique et économique, il ne peut qu’évoluer dans le bon sens. Il faut toutefois garder à l’esprit qu’il est encadré par deux clubs de R2 ; Grisolles et Saint-Alban, aux budgets bien supérieurs, il faudra donc continuer de travailler sur l’encadrement des équipes (éducateurs diplômés) pour performer sur le long terme.

Les équipes de jeunes à Castelnau sont aujourd’hui toutes en district et loin de la ligue, penses-tu que le club peut progresser dans ce domaine pour permettre d’avoir un jour un réservoir afin d’alimenter les seniors à un bon niveau ?
Les équipes de jeunes sont en district, mais il me semble qu’il y a des équipes de R1 comme Pibrac, L’union et le Girou qui ont été pendant longtemps dans ce cas également. L’handicap est certes là mais uniquement à moyen terme. Quand cette génération de séniors (qui n’a aujourd’hui que 23 ans de moyenne d’âge) sera partie, cela pourra créer un petit handicap. Pour remédier à cela, le club travaille sur un label, qui permet d’intégrer des joueurs séniors en tant qu’éducateur (avec passage des modules) ainsi que sur une section féminine. Cela dit, gérer 420 licenciés demande beaucoup de temps, pas mal d’investissement et de l’expérience. Le réservoir est là : 4 U19 de la saison dernière sont dans le groupe de la une et on en intègre 2 de cette saison tous les mardis. Deux premières années intégreront la saison prochaine le groupe sénior car ils ont de grosses capacités. Le problème du club est plutôt l’absence de tremplin entre les U19 et l’équipe première. Pour pérenniser le club en R3 et peut-être en R2, il faut au maximum deux divisions d’écart. Il faut donc travailler dans ce sens.

Avec Castelnau, Olivier espère accéder à la R2 en fin de saison
Avec Castelnau, Olivier espère accéder à la R2 en fin de saison

"Ne pourrait-on pas, comme il existe actuellement le contrat civique pour les moins de 26 ans, créer un contrat sénior, qui permettrait à nos anciens de mieux terminer leur fin de mois..."

Comment envisages-tu ta fin de saison, quels sont tes objectifs et ambitions pour ton équipe ?
Comme évoqué précédemment, il n’y avait aucun objectif en début de saison, suite à la restructuration du groupe sénior (avec pas mal de départs, intégration des jeunes et changements des deux éducateurs) si ce n’est celui de travailler au jour le jour et de faire progresser l’ensemble des effectifs. L’appétit venant en mangeant : nous avons débuté par de bons résultats et tout s’est enchaîné. Les joueurs adhèrent au projet même s’il y a toujours un manque d’investissement criant, notamment avec ceux qui s’investissent par intermittence (les « intermittents du spectacle » comme je les appelle). Je pense que c’est malheureusement fréquent à ce niveau. Nous allons continuer à jouer les matches les uns après les autres, sans se mettre de pression et nous verrons en fin de saison où nous en sommes. Le maintien était acquis assez tôt et nous continuerons donc de jouer sans pression. Nous devons continuer à performer ainsi pendant quelques matches, notamment avec Plaisance, qui est l’équipe avec le projet de jeu le plus mature (surement parce qu’ils sont ensemble depuis des années). La gestion des émotions est quelque chose d’important, surtout avec un jeune groupe, nous allons donc éviter de nous mettre trop de pression. Nous ferons le point à trois ou quatre matches de la fin de saison afin de voir si nous avons la possibilité d’aller au bout, mais avec une seule montée, c’est toujours difficile. La saison dernière, avec deux montées par poule et trois ou quatre au niveau supérieur, cela représentait une chance à saisir. Nous allons gérer la situation actuelle du mieux possible, en veillant à ne rien lâcher.

Sur un plan personnel tu commences à rentrer dans une période de maturité en tant qu’entraîneur, en conséquence quelles sont tes ambitions dans un avenir proche mais aussi pour plus tard concernant ta carrière, envisages-tu d’entraîner à un niveau plus élevé ?
En ce qui me concerne, j’approche de la cinquantaine, l’âge de la maturité et presque de l’arrêt. C’est en effet très énergivore d’entraîner aujourd’hui cette génération de séniors. Soit on est sur un bon projet où l’on peut travailler sereinement sur la durée, soit il conviendra de repartir sur des certifications, des modules ou des séances pédagogiques si on a toujours besoin des « vieux » entraîneurs régionaux au niveau de la ligue et du district. Nous avions, la saison dernière deux contacts, un peu tardifs de R1, un qui n’avait pas abouti pour cause d’éloignement géographique et d’incompatibilité d’organisation sur les jours d’entraînements et un autre alors que j’étais déjà engagé avec Castelnau. Il est vrai que terminer par entraîner une R2 ambitieuse ou une R1 avec un staff étoffé, comme c’était le cas aux Fontaines, où cela avait très bien fonctionné, me plairait beaucoup. Pourquoi ne pas arriver à bâtir un tel projet avec Castelnau, puisque les dirigeants sont assez ambitieux, les installations et la situation géographique du club, plutôt intéressantes ?

Je reviens sur ton club et l’image qu’il donne de l’extérieur, assez secrète, tout à fait entre nous si tu pouvais nous en dire plus, sans dévoiler ses secrets, mais… Par exemple savoir si le club monte, l’ambition des dirigeants risque à croitre et avoir la volonté d’aller plus loin ou non ?
A titre personnel, il s’agit d’un deuxième auto bilan sur les neuf années pendant lesquelles j’ai pu entraîner et je n’aime pas trop me mettre en avant. C’est plutôt un travail de l’ombre, souvent à deux ou trois. J’ai souvent constaté qu’en travaillant de la sorte, les choses avançaient généralement mieux, lorsque toutes les conditions favorables sont réunies. Ceux qui montrent et parlent beaucoup sont souvent ceux qui en font le moins. Castelnau est un club avec son identité propre, son organisation, son fonctionnement interne. Nous travaillons tout cela quotidiennement, par touches « homéopathiques », mais c’est tout de même un club à l’écoute, assez ouvert. Les résultats n’y sont sûrement pas pour rien, mais j’ai connu des clubs beaucoup plus fermés. Le bureau désire amener le club au niveau supérieur sur cette saison ou les suivantes, ce qui serait une première pour un club si jeune. Nous possédons 420 licenciés, il existe de nombreuses animations et événements autour des petits, auxquels les séniors se doivent de participer dans un esprit de partage. Nous sommes effectivement un peu la « vitrine » du club. Nous devons leur montrer la voie et le travail pour parvenir à l’équipe fanion représentante de l’identité de ce club.

En guise de conclusion :
Sur l’année de régénération, j’ai pu synthétiser toutes mes saisons d’entraîneur en pointant les endroits où je devais progresser car il est important d’analyser et de transformer le négatif en positif. Nos formations d’entraîneur sont bonnes et je regrette d’y être allé sur le tard, car l’augmentation des compétences y est certaine. C’est à nous de les adapter au monde sénior et régional, tout comme lorsque nous arrivons dans un club, c’est aussi à nous de nous adapter au passé de ce club, au vécu des personnes en place et à faire évoluer les choses à dose « homéopathique ». Pour finir, je remarque depuis des années (hormis à Salies du Salat) un manque important de dirigeants, peu d’importance donnée à ces travailleurs de l’ombre. Ne pourrait-on pas, comme il existe actuellement le contrat civique pour les moins de 26 ans, créer un contrat sénior, qui permettrait à nos anciens de mieux terminer leur fin de mois et surtout de venir amener leur passion et leur tendresse à tous nos petits licenciés.

Par JPB

Olivier Hernandez avec son ancien gardien de Cazères, Jérôme Rivière
Olivier Hernandez avec son ancien gardien de Cazères, Jérôme Rivière


JPB (jpb@footpy.fr)

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